Jeudi 13 décembre 2018

Art déco

L’« œil » d’Henri Chwast

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 6 décembre 2016 - 370 mots

La dispersion de la collection de l’homme d’affaires a plus que doublé son estimation haute.

PARIS - Henri Chwast, collectionneur et homme d’affaires, décédé voilà vingt-cinq ans, était un homme discret, un « œil ». Sa collection, très peu connue, n’a pas manqué d’éveiller l’appétit des acheteurs. Au total, la vente a récolté 11 millions d’euros, dépassant largement son estimation haute (4,8 M€). « C’est la combinaison de pièces rares, avec des pedigrees établis, uniques, la plupart jamais vues sur le marché qui a permis ce succès. L’effet “collection” et l’effet “caché” ont pleinement fonctionné », a commenté Cécile Verdier, directrice du département design chez Sotheby’s.

La dispersion a eu lieu en deux temps, à Paris le 21 novembre (8,5 M€) puis à Londres le lendemain pour 6 lots comportant de l’ivoire (2,5 M€). La vente a remporté tous les suffrages. Sur les 52 lots, seuls quatre, de moindre importance, n’ont pas séduit.

Toutes les pièces phares ont été cédées largement au-delà leurs estimations hautes, à l’instar du lot phare, un Manteau de cheminée, 1926, unique, par Jean Dunand, qui s’est envolé à 1,9 million d’euros (estimation 200 000-300 000 €). Une autre pièce unique, un Vase en pin, vers 1920, d’Eileen Gray, a été adjugé 1,4 million d’euros (est. 250 000-350 000 €). La lampe iconique de Pierre Chareau dite « religieuse » a atteint la coquette somme de 1,07 million d’euros (estimation 300 000-500 000 euros).

À Londres, c’est une Table-bureau d’Eileen Gray qui s’est vendue 1,1 million d’euros quand la Commode, vers 1925, de Clément Rousseau est montée jusqu’à 640 118 euros. « J’étais enchérisseuse sur une dizaine de pièces mais je n’en ai eu aucune !, se désolait Cheska Vallois. Henri Chwast a été mon client et j’ai essayé de racheter des pièces que je lui avais vendues, comme la cheminée. Malheureusement j’ai des impératifs de marchande et j’avais face à moi des collectionneurs qui pouvaient aller bien plus loin. »

Le marché de l’Art déco, quand les pièces sont de qualité, ne faiblit pas et Paris reste en première ligne, « même si les Français ne sont pas les acheteurs », a précisé Cécile Verdier. « Paris est un marché de vendeurs, c’est ici que se trouvent les pièces. »

Note

Estimations indiquées hors frais acheteur, résultats indiqués frais compris.

En savoir plus

Sotheby’s, Henri Chwast, 21 et 22 novembre
Total : 11 M€
Estimation : 3,2 à 4,8 M€
Nombre de lots vendus : 48/52 (92,3 %)

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°469 du 9 décembre 2016, avec le titre suivant : L’« œil » d’Henri Chwast

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