Jeudi 13 décembre 2018

Le billet

« Entre les maisons de ventes, la bataille des records fait rage »

Par Pierre Pons · L'ŒIL

Le 22 janvier 2013 - 330 mots

6,3 millions d’euros pour Tête de femme (Dora Maar) de Picasso chez Sotheby’s, « record pour un tableau vendu aux enchères en France en 2012 ». 3,42 millions pour Spider de Louise Bourgeois chez Christie’s, « l’œuvre d’art contemporain la plus chère en France en 2012 ». 1,7 million pour un Basquiat chez Artcurial, « la plus haute enchère de l’année » dans cette maison de ventes, etc.

Même l’hôtel Drouot, où les transactions ont pourtant chuté de 10 % en valeur en 2012, met en avant son « Top ten » et annonce, dans son bilan 2012, pas moins de trente-six records mondiaux et dix records français (la plus haute enchère s’élevant à 7 806 960 euros pour un album impérial sur soie intitulé Zhigongtu, vendu le 12 juin 2012). Tandis que la bataille fait rage entre enchérisseurs dans les salles de ventes, une autre compétition se déroule en coulisse, cette fois par voie de communiqués : celle de l’image que l’auctioneer renverra au marché.

Cette bataille ne sert pas seulement à flatter les ego des présidents de maisons de ventes et de leurs commissaires-priseurs, elle suit un réel objectif de marque : s’imposer à l’esprit des collectionneurs-consommateurs tout en se faisant remarquer des collectionneurs-vendeurs (tout en se démarquant au sein même de la propre maison mère, qui possède souvent des salles à Paris, New York, Londres, Pékin… elles-mêmes en compétition).

Le record est un gage de sérieux et de qualité pour des entreprises qui sont souvent mises en concurrence par les vendeurs. « Autre fierté : alors que nous nous étions donné pour objectif d’être davantage présents sur les ventes de collections particulières, l’année 2012 aura été fructueuse dans ce domaine », écrit Guillaume Cerutti, P.-D.G. de Sotheby’s France, dans sa présentation des résultats 2012 qui égrène les noms des prestigieuses collections dispersées en ses murs en 2012 : Loeb, Brient, Mis… avant d’annoncer la vente des collections du Garden Museum de Nagoya (Japon) et Barbier-Mueller en 2013.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°654 du 1 février 2013, avec le titre suivant : « Entre les maisons de ventes, la bataille des records fait rage »

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