Jeudi 13 décembre 2018

antiquaires

Des objets à vendre au Louvre

L'ŒIL

Le 1 juin 2000 - 741 mots

À deux pas de la pyramide du Grand Louvre, le Louvre des Antiquaires recèle des trésors pour qui sait bien fouiner aux quatre coins de ses allées. De la sculpture Haute Époque au mobilier des années 50, des objets de curiosité à l’orfèvrerie Art Déco, il y en a pour tous les goûts. Voici un premier jeu de pistes qui vous donnera des adresses à conserver.

À deux pas de la pyramide du Grand Louvre, le Louvre des Antiquaires recèle des trésors pour qui sait bien fouiner aux quatre coins de ses allées. De la sculpture Haute Époque au mobilier des années 50, des objets de curiosité à l’orfèvrerie Art Déco, il y en a pour tous les goûts. Voici un premier jeu de pistes qui vous donnera des adresses à conserver.
Si vous entrez par la place du Palais-Royal, vous ne pourrez pas la manquer car elle occupe un emplacement de choix au 2, allée Boulle. Élisabeth Danenberg y est installée depuis l’ouverture du Louvre des Antiquaires. Sa spécialité ? La verrerie et les bijoux anciens, français principalement, signés Cartier, Boucheron ou Van Cleef. « Mes clients, précise-t-elle, sont essentiellement des privés, étrangers à 80 %. En général, ils téléphonent pour me dire ce qu’ils cherchent. Même si la cote des vases de Gallé a beaucoup baissé, celle de Daum et Lalique est en hausse. »
Pour Alain Guillois et Yves Collin, confortablement établis au 14, allée Jacob, l’avis n’est pas le même en ce qui concerne la clientèle. « Ce sont surtout les marchands qui nous font travailler, des décorateurs américains comme Newel, Himmel, Thierry Despont ou Goedler Antics. Même si nous présentons de nombreuses verreries italiennes de Seguso, Poggi ou Venini, nous avons surtout du mobilier des années 40-50. » Dans leur boutique, on a pu voir très récemment une superbe série de portes de Jean Royère ou des guéridons de René Drouet. En ce moment six chaises en fer forgé doré de René Prou (120 000 F) trônent devant un ensemble de mobilier de Baptistin Spade, un designer français installé avenue Paul Doumer et actif jusque dans les années 70. Tout à côté, chez Mathieu Sisman, au 10, allée Jacob, un impressionnant Christ en bois du XVIe siècle attire le regard des passants. « Avec ma femme Gabriela, sortie comme moi de l’École du Louvre, nous nous sommes spécialisés dans la sculpture du Moyen Âge et de la Renaissance. Ici, vous avez des objets à tous les prix, de 2 000 F pour un pot alberello du XVIIIe à 300 000 F pour cet Ecce Homo du Nord de la France avec son corps lacéré et sa couronne d’épines. » De l’autre côté de l’atrium, c’est le royaume de l’argenterie. Secondé par sa fille Pamela qui se passionne pour les années 20-30, Édouard de Sevin, également expert à l’étude Tajan, ne jure que par les objets d’argent. Dans sa vitrine du 9, allée Desmalter, il a placé, près de couverts du XVIIIe, un Neptune du XIXe et un sceau à champagne Art Déco. « Aujourd’hui, le public devient de plus en plus ouvert, intéressé par les créateurs modernes.     Le dessin, la ligne d’un objet les arrêtent. Puis ils veulent en savoir plus. » Pour les arts du feu, c’est chez Vincent L’Herrou, au 20, allée Jacob, qu’il faut s’arrêter. Depuis 21 ans, il présente ici faïences et porcelaines anciennes d’Europe et d’Asie. Il y organise régulièrement des expositions où l’on peut voir aussi bien un canard en faïence de Marseille qu’une paire de carpes en porcelaine du Japon Arita de la fin du XVIIe siècle. « Mes clients sont tout à la fois privés et publics puisque j’ai vendu aussi bien aux musées de Berlin, de Genève qu’au Musée de la Compagnie des Indes de Lorient. Je participe également à la Biennale des Antiquaires, au Salon de la céramique à Paris ou au Salon du palais des Beaux-Arts de Bruxelles. » Et puis, côté coups de cœur, notons le guéridon en marqueterie de marbre (1,2 MF) et les miroirs XIXe en ivoire de Dieppe (150 000 F la paire) vus chez Jean-Philippe Hussard, au 6, allée Saunier. Sans oublier chez Marc Payen, au 21, allée Riesener, la commode de Gio Ponti (75 000 F) qui rappelle les pareti attrezzate (murs équipés) du grand créateur italien, et les très inattendues peintures sur verre de Léon Zack (35 000 F) chez son voisin Degrave, au 30, allée Riesener.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°517 du 1 juin 2000, avec le titre suivant : Des objets à vendre au Louvre

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque