Samedi 26 septembre 2020

Arts décoratifs du XXe

Des mises en scène soignées

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 30 août 2016 - 768 mots

Les exposants d’arts décoratifs du XXe siècle offrent des stands pensés et font la part belle à la période Art déco.

Corollaire du renouveau de la Biennale des antiquaires, la physionomie du secteur des arts décoratifs du XXe siècle évolue au gré des va-et-vient des exposants. Premier point, les tout débuts du siècle sont moins représentés, avec le départ de Franck Laigneau et d’Oscar Graf. Aussi, les éditions disparaissent, Carpenters Workshop, parmi d’autres, ayant également quitté le Grand Palais, et l’événement se concentre désormais sur les antiquaires. Enfin, la Biennale perd l’un de ses participants phares, la galerie Vallois, qui défrayait la chronique chaque année. Pas de grand retour en revanche pour le design : si François Laffanour (Downtown, Paris) est de nouveau de la partie, ce n’est pas le cas de Jousse Entreprise ou de Patrick Seguin.

La scène internationale fait une timide apparition avec l’arrivée des galeries Robertaebasta (Milan) et Maison Gerard (New York). « La clientèle était jusqu’à présent essentiellement européenne, pas vraiment internationale », indique Hélin Serre, directeur de la galerie Downtown. « À la Biennale, nous rencontrons des collectionneurs très pointus, qui ont une connaissance poussée de certains styles et époques et viennent rechercher une pièce d’exception. Aussi, le fait qu’elle soit organisée en septembre permet de capter de nombreux chantiers qui vont commencer dans l’année, et de vendre des pièces très importantes, y compris du point de vue de leur taille », précise-t-on à la Galerie Yves Gastou (Paris).

La volonté de séduire cette clientèle et la majesté de la verrière du Grand Palais incitent les exposants à déployer une mise en scène à la mesure des attentes. « Un paramètre aujourd’hui fondamental », commente Hélin Serre. Ainsi la Galerie Martel-Greiner (Paris) propose-t-elle une scénographie mêlant sculptures, ensemble de salon de Jacques Quinet (1918-1992) et table basse « Nénuphar » d’Armand Jonckers. La Galerie Michel Giraud (Paris) propose quant à elle un ensemble d’œuvres autour de Jean Dunand, dans une mise en scène renouvelée « afin que les collectionneurs qui nous suivent puissent continuer à être surpris par nos découvertes », indique-t-on. La galerie présente notamment un meuble d’Eugène Printz en laque rouge réalisée par l’artiste français.

Yves Gastou, qui a réuni des œuvres de commande des années 1940 à 1970, a de son côté fait appel au décorateur Thierry Lemaire. « Nous avons recréé une ambiance néoclassique modernisée, comme dans un appartement, en hommage aux décorateurs ensembliers », précise Harold Mollet. Sur le stand, une enfilade d’André Arbus dessinée pour le paquebot Provence ou une paire de colonnes lumineuses en Plexiglas et fonte de bronze créées par César et Jean-Claude Farhi.
Maison Gerard a choisi de partager son stand avec Carolle Thibaut-Pomerantz (Paris, New York), et propose des meubles en écaille de tortue de Jules Leleu, une grande table basse de T. H. Robsjohn-Gibbings ou des miroirs de Line Vautrin dans un décor de papiers peints du début du XIXe siècle. « Aujourd’hui, un bel intérieur mêle aisément les époques, les origines, les styles », commente Benoist Drut (Maison Gerard).

L’Art déco en force
La plupart des exposants se concentrent sur la première partie du siècle, à l’instar de Dansk Mobelkunst (Paris, Copenhague) et ses vitrines en acajou de Kaare Klint, mais c’est surtout la période Art déco qui est représentée. Pour sa première participation, Chastel-Maréchal (Paris) montre ainsi un lampadaire Figure (1933-1934) d’Alberto Giacometti, aux côtés d’un grand panneau mural de Katsu Hamanaka (1938) illustrant un combat d’hommes et de taureaux. Alain Marcelpoil (Paris) a réuni une sélection de pièces d’André Sornay : fauteuils Bridge en pin d’Oregon et hêtre massif (1935) ou table roulante en acajou. « L’ensemble de ce mobilier correspond à la technique du cloutage, breveté en 1932 », explique le galeriste.

Le stand de Céline et Fabien Mathivet (Paris) est organisé autour de la thématique « Reflets et transparences », et associe une lampe de bureau en bronze de Ruhlmann à un miroir sculpté de marguerites d’Armand Albert Rateau ayant appartenu à Jeanne Lanvin. Le créateur emblématique de l’Art déco est également présent sur le stand de la Galerie Marcilhac (Paris), qui expose un cendrier aux papillons (1920) non loin d’un lampadaire Religieuse (1920) de Pierre Chareau. La Galerie Doria (Paris) expose, du même Pierre Chareau, une table Éventail ainsi qu’une table de jeu et ses quatre sièges.

Pour les décennies suivantes, outre un grand miroir de Max Ingrand chez Jacques Lacoste (Paris), il ne faut pas manquer la sélection de la galerie Downtown autour de ces « maîtres de la modernité » que sont Jean Prouvé, Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret, l’un des rares stands consacrés à l’après-guerre. L’amateur en mal de design pourra alors parcourir l’exposition « Tradition et audace » présentée autour des collections du Mobilier national des années 1940 à nos jours.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°462 du 2 septembre 2016, avec le titre suivant : Des mises en scène soignées

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