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Brussels et Berlin aux mêmes dates, une erreur stratégique ?

Par Alexia Lanta Maestrati · L'ŒIL

Le 28 mars 2019 - 638 mots

BRUXELLES / BERLIN

Cette année, les collectionneurs d’art contemporain devront choisir, ou pas, entre Art Brussels et le Berlin Gallery Weekend, qui ouvrent tous deux leurs portes la semaine du 24 avril 2019.

À l’occasion de la 15e édition du Berlin Gallery Weekend, quarante-cinq galeries exposent au sein du parcours officiel, et de nombreuses enseignes profitent de l’effervescence de la ville pour vernir de nouvelles expositions. Pour la capitale allemande, qui n’a pas réussi à installer une foire d’art contemporain pérenne, il s’agit de l’événement le plus important de l’année. « Étant basée à Londres et à Berlin, participer au Berlin Gallery Weekend est une obligation. C’est le moment le plus intense de l’année pour nous », insiste Marie-Catherine Vogt, directrice de la Galerie Blain|Southern, qui participe également pour la deuxième année consécutive à Art Brussels. La sélection proposée repose sur un savant mélange d’artistes reconnus et de jeunes artistes. « Les visiteurs y voient des artistes émergents comme Raphaela Vogel, Sol Calero, Henrike Naumann, aux côtés de Thomas Bayrle, Camille Henrot et Richard Long », souligne Maike Cruse, directrice du Berlin Gallery Weekend.

En Wallonie, Art Brussels célèbre, elle, sa 51e année et sa 37e édition en rassemblant cent quarante-huit galeries. Parmi elles, 27% d’exposants belges et 73% d’étrangers, dont 23% hors Europe. « Notre programme est axé sur la notion de découverte. Nous répondons aux attentes d’un public de collectionneurs avertis, des collectionneurs belges et étrangers qui viennent fidèlement à la foire », explique Anne Vierstraete, directrice d’Art Brussels.

Une déperdition de collectionneurs

À cette période de l’année, le calendrier de l’art contemporain est chargé : entre Art Cologne (11-14 avril), le Berlin Gallery Weekend (la semaine du 24 avril), Frieze New York (2-5 mai), et la Biennale de Venise qui ouvre ses portes le 11 mai, peu avant Art Basel, difficile de trouver les bonnes dates. Art Brussels, qui a déplacé ses dates cette année, se retrouve donc tributaire de deux facteurs : d’un côté, les vacances de Pâques de Bruxelles et des régions limitrophes, de l’autre côté, les grand-messes de l’art contemporain. « Il s’agit d’un effet boule de neige. La Biennale de Venise a avancé ses dates au mois de mai. S’ensuivent Frieze New York qui a avancé ses dates, puis le Berlin Gallery Weekend qui a décalé son ouverture. Tout cela ne nous arrange pas », explique Anne Vierstraete. La directrice du Berlin Gallery Weekend, elle, se dit étonnée : « Nous nous tenons chaque année aux mêmes dates. Nous sommes donc surpris du planning d’Art Brussels ». Autant dire que cette simultanéité n’a, débouché sur aucun partenariat.

Pour Art Brussels et Art Cologne, qui se tenaient la même semaine en 2018, l’approche a été différente. Les deux foires semblent à certains égards se compléter, avec, notamment, la sélection en art moderne de Cologne. « Nous avions décidé de collaborer, notamment pour les VIP étrangers, car géographiquement nous ne sommes pas si éloignés. Mais, pour Bruxelles/Berlin, bien qu’il y ait des liaisons en avion, nous ne pouvons pas utiliser la carte de la proximité. » Bruxelles et Cologne sont à moins de deux heures de train, quand un trajet entre Bruxelles et Berlin s’effectue en avion en 1 h 20, ou pour les plus courageux en huit heures de voiture.

Art Cologne et le Berlin Gallery Weekend ont aussi connu un chevauchement, qui a desservi Art Cologne. « Quand Art Cologne se tient en parallèle du Berlin Gallery Weekend, nous gagnons quelques visiteurs internationaux, mais nous perdons des collectionneurs importants basés à Berlin. Idem, avec Art Brussels, nous perdons des collectionneurs belges », concède Daniel Hug, directeur d’Art Cologne.

Pourtant, certaines galeries voient cette concomitance d’un bon œil. « Cela demande beaucoup d’énergie, mais nous avons deux équipes, une à Londres et l’autre à Berlin. Nous espérons que les collectionneurs américains ou asiatiques iront de Berlin à Bruxelles », souligne Eva Maria Ostendorf, directrice de la Galerie Kristin Hjellegjerde (Londres, Berlin).

« Gallery Weekend Berlin »,
du 26 au 28 avril, Berlin (Allemagne), www.gallery-weekend-berlin.de
Art Brussels,
du 25 au 28 avril, Tour & Taxis, Bruxelles (Belgique), www.artbrussels.com

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°722 du 1 avril 2019, avec le titre suivant : Brussels et Berlin aux mêmes dates, une erreur stratégique ?

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