Dimanche 22 septembre 2019

New York

Bon début pour la foire "Art New York International"

Quarante-neuf marchands y ont participé

Par Roger Bevan · Le Journal des Arts

Le 1 juin 1994 - 680 mots

Organisée avec l’efficacité coutumière de David Lester, qui est également responsable de l’organisation de foires à Miami et à Hong Kong, la nouvelle Art New York International s’oppose, sous tous les aspects, à la Gramercy Hotel Fair. Son organisateur envisage d’étendre à dix jours la durée de la foire en 1995.

New York - Inaugurée avec un gala au profit de la Fondation américaine pour la recherche sur le sida, accompagnée d’un luxueux catalogue relié (25 dollars), la foire était installée Pier 92, à l’angle de la 55th Street West et de la 12th Avenue. Du 27 avril au 1er mai, elle était montée dans un vaste hall, divisé en stands d’un blanc immaculé, avec un système d’éclairage sophistiqué : présentation solide, traditionnelle, qui apparaît un peu terne aujourd’hui.

Quarante-neuf marchands y participaient, dont plusieurs s’étaient inscrits au dernier moment. Dix galeries, jeunes ou expérimentales, sélectionnées par Barry Schwabsky, l’ancien éditeur du magazine Flash Art, étaient invitées : elles présentaient des expositions monographiques d’aspect plus novateur. Jose Freire montrait les sculptures fragiles d’Aga Gerber et en a vendu cinq. Jack Shainman exposait les peintures de Leslie Wayne ; on trouvait également la 303 Gallery, avec une installation due à Kristin Oppenheim, Busch de Berlin et Kaj Forsblom de Zurich. Elles formaient une curieuse association; les autres stands présentaient de l’art figuratif traditionnel.
En tant que président, André Emmerich avait apporté pour l’occasion son soutien à The Art Dealers Association of America, ADAA, et exposait des œuvres d’Hans Hofman, Frank Stella, Anthony Caro et David Hockney. Mais il n’a vendu que deux dessins de Judy Pfaff à 800 dollars chacun (environ 4 800 francs).

Claude Bernard
Claude Bernard avait monté une exposition monographique du peintre abstrait russe Eduart Schteinberg, et a vendu une douzaine de toiles de 6 000 à 40 000 dollars (35 000 à 240 000 francs). Marisa del Re, qui présentait une jolie collection de peintures et dessins de Jackson Pollock, Larry Rivers, Robert Indiana et Andy Warhol, des sculptures de Léger, Arman et Arnaldo Pomodoro, a peu vendu. De son côté, Leslie Waddington avait créé une exposition d’une qualité et d’une finesse de jugement rares, et étiqueté chaque œuvre avec science et clarté, ce qui contrastait avec le manque de soin trop fréquent dans les foires.

Son stand allait des "classiques" – Max Ernst, Matisse, et Dubuffet dont Waddington vendit une importante œuvre de jeunesse (500 000 livres, environ 4,4 millions de francs), une peinture tardive et une sculpture, aux maîtres américains contemporains : d’importantes peintures de Tom Wesselman et Philip Guston, Last Civil War Veteran de Larry Rivers, une toile d’Andy Warhol avec une petite chaise électrique, et Tzing de Roy Lichtenstein (offerte à 3,8 millions de dollars, environ 2,2 millions de francs), la peinture la plus chère de la foire.

Même si la foire n’a pas eu tout le succès qu’espéraient les marchands, elle a prouvé que Pier 92, jusque-là affublé d’une piètre image, était parfaitement accessible, et pouvait être converti en un lieu d’exposition élégant. Un service de bus-navettes efficace le reliait avec les galeries et les maisons de vente, partout dans la ville. Mais le moment choisi pour la foire, juste avant la saison des ventes de printemps, a réduit l’affluence. Et ce ne fut que le dernier après-midi, grâce au bouche à oreille, qu’on perçut un léger frisson d’animation.
David Lester vient d’annoncer un projet plus important pour l’an prochain : il a l’intention de faire d’Art New York International une manifestation de dix jours, en y incluant les deux week-ends d’exposition des ventes aux enchères d’art contemporain et d’impressionnistes.

Dans l’attente d’un plus grand nombre d’inscriptions, il a réservé Pier 92 et le ponton adjacent, Pier 90, et a beaucoup baissé les prix de location des stands (de 11,5 dollars le pied carré à 3,5 dollars). C’est une décision importante, qui devrait placer cette manifestation en compétition directe avec la foire de Thomas Blackman à Chicago, qui retourne au Navy Pier en mai 1995. C’est aussi une décision hostile, source de conflits, qui engendrera d’importantes animosités dans le marché de l’art.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°4 du 1 juin 1994, avec le titre suivant : Bon début pour la foire "Art New York International"

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