Jeudi 12 décembre 2019

Focus

Barthélemy Samson, « Verseuse tripode en argent, 1772 »

Estimée 6 000-8 000 euros, le 8 février à Drouot, Paris. SVV Fraysse & associés

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 18 janvier 2012 - 545 mots

Le 8 février à Drouot, le commissaire-priseur Vincent Fraysse dispersera la 3e partie de la collection d’orfèvrerie ancienne d’Édouard Cochet, ingénieur géologue qui a réuni tout au long de sa vie un ensemble fabuleux de ces objets de caractère symbolisant un certain luxe.

« Jamais il n’avait tourné le dos à ses racines bretonnes et c’est sans doute pour cette raison qu’il préférait s’attacher à des productions d’orfèvrerie provinciale de tout premier ordre, souligne Vincent Fraysse. Édouard Cochet avait très vite compris que les systèmes complexes des poinçons permettaient d’avoir des datations et des localisations précises. Il privilégiait l’originalité des décors, la qualité du travail de l’orfèvre. Il avait éliminé de sa collection tout ce qui lui paraissait trop ordinaire pour ne se consacrer qu’à l’excellence. Chaque nouvelle acquisition faisait l’objet de recherches, de comparaisons et lui procurait une allégresse contenue. »

Une verseuse tripode en argent est à remarquer dans cette vente. Elle est l’œuvre de Barthélemy Samson, reçu maître en 1757 et issu de la dynastie des grands orfèvres toulousains célèbres depuis le XVIIe siècle, qui comprend Antoine Samson, reçu maître en 1650. « Barthélemy était le fils de Louis Ier et neveu de Louis II, lesquels établirent la renommée des Samson. Il travailla une vingtaine d’années en même temps que son oncle. Leurs styles diffèrent, Louis II étant plus proche de l’esprit rocaille, mais leur maîtrise technique est proche. Un grand nombre d’objets de ces deux orfèvres sont représentés dans la plupart des grands musées internationaux », rappelle l’expert Édouard de Sevin.

Ornement de guirlande
D’une taille classique (23,5 cm), cette verseuse au corps de forme balustre étonne par son ornement de guirlande fleurie autour du corps ; elle comporte un bec verseur à canaux encadré d’enroulements feuillagés et, sur le couvercle à charnière et doucine, une rose et son branchage faisant office de prise. Ce décor inhabituel dans l’orfèvrerie toulousaine et que l’on retrouve sur plusieurs objets réalisés par les Samson rappelle les décors de pièces de Strasbourg dont les Samson ont vraisemblablement subi l’influence. Selon Édouard de Sevin : « Les évêques de la maison de Rohan faisaient venir auprès d’eux la noblesse languedocienne qui rentrait au pays avec de l’orfèvrerie strasbourgeoise dont la réputation n’était plus à faire. Un rappel de ces décors a figuré sur des commandes locales avec une interprétation plus méridionale et de grande qualité. » Cette verseuse est estimée au mieux 8 000 euros. Mais son prix final pourrait être plus élevé compte tenu de la qualité et l’originalité de son décor pour Toulouse. Dans la première vente de la collection Cochet du 9 novembre 2011 à Drouot, deux pièces de Barthélemy Samson étaient également présentées : un petit bougeoir à main très particulier avec sa bordure fleurie, estimé 3 000 euros et vendu 17 350 euros, ainsi qu’une écuelle et son couvercle de même inspiration que celle qui figure au Musée Paul-Dupuy à Toulouse, estimée 8 000 euros et emportée pour 16 730 euros.

Verseuse tripode en argent

Orfèvre : Barthélemy Samson reçu maître en 1757
Date d’exécution : 1772
Technique : argent repoussé et ciselé
Lieu : Toulouse
Hauteur : 23,5 cm
Poids brut : 929 grammes
Provenance : collection Édouard Cochet
Expert : Édouard de Sevin
Estimation : 6 000 à 8 000 euros

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°361 du 20 janvier 2012, avec le titre suivant : Barthélemy Samson, « Verseuse tripode en argent, 1772 »

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