Foire

Art Paris joue sur plusieurs tableaux

Par Alexia Lanta Maestrati · Le Journal des Arts

Le 27 mars 2019 - 760 mots

PARIS

Tout en revendiquant un positionnement très local, la 21e édition de la foire continue son exploration géographique et sociale. Malgré l’arrivée de quelques « pointures », les grandes enseignes françaises continuent à la bouder.

Le stand de la galerie Paris-Beijing à Art Paris Art Fair - Copyright photo Clotilde Bednarek pour Le Journal des Arts, le 3 avril 2019
Le stand de la galerie Paris-Beijing à Art Paris Art Fair
© Photo Clotilde Bednarek pour Le Journal des Arts, le 3 avril 2019

Art Paris, la deuxième grande foire d’art contemporain parisienne, à l’inverse de la Fiac (Foire internationale d'art contemporain), mise sur un ancrage français. Les deux foires présentent une dizaine de galeries en commun (Templon, Nathalie Obadia, Loevenbruck...). Mais quand la foire automnale réunit seulement 31 % de galeries de l’Hexagone (soit 63 sur ses 193 exposants), Art Paris en ­propose 57 %, soit 86 sur les 150 exposants, alignés eux aussi sous la nef du Grand Palais. Ce taux ­augmente d'un point par rapport à l’édition 2018, tandis que le ­pourcentage de celles de 2016 et 2017 était de 52 %.

Rendez-vous printanier, Art Paris pourrait être une foire complémentaire de la Fiac, souvent jugée trop internationale. Mais elle peine à rassembler les grandes galeries nationales. Ainsi, le long des allées, pas de Semiose, de Jocelyn Wolff ni de Chantal Crousel ; et encore moins de mastodontes tels Perrotin, Kamel Mennour, Almine Rech ou Lelong. Cette édition peut néanmoins se ­targuer de l’arrivée de quelques galeries nationales de qualité tels Jérôme Poggi et Art : Concept, ou du retour d’Anne De Villepoix ou de Ceysson & Bénétière.

De nombreuses enseignes sont implantées en régions (au total 19, contre une à la Fiac) comme les galeries Aedaen (Strasbourg) et ­Mottet (Chambéry), qui rejoignent le secteur « Promesses » ou Cédric Bacqueville (Lille) et Wagner (Le Touquet Paris-Plage) dans le secteur général.

Le renouvellement des participants est considérable, dépassant les 40 % (44 % en 2019, 48 % en 2018 et 50 % en 2017), bien qu’en légère baisse. Le nombre de galeries participantes lui est en hausse, cette année ce sont 150 galeries qui seront rassemblées contre 142 en 2018 et 139 en 2017.

La manifestation qui s’ouvre également à l’international, avec 64 galeries étrangères, n'accueille cependant aucun leader du marché. Pas de Gagosian, Marian Goodman ni Thaddaeus Ropac, seulement cinq galeries participent à la fois à Art Paris et à Art Basel. Vingt pays sont représentés cette année, parmi les nouveaux entrants : l’Argentine, le Cameroun, la Bulgarie et le Pérou ; et parmi les galeries étrangères les plus remarquées, notons quelques belles prises pour cette édition comme Filomena Soares (Lisbonne) et La Patinoire Royale-Galerie Valérie Bach (Bruxelles) sollicitée pour participer à la thématique sur l’Amérique Latine.

La scène latino et les femmes à l'honneur

La manifestation propose cette année deux thématiques croisées, autour des femmes et de l’Amérique latine qui, à l’instar des années précédentes, sont toutes deux très – voire trop – vastes. S’ils ne brillent pas leur originalité, ces deux axes ont le mérite de brasser large.

« Étoiles du Sud : une exploration de l’art de l’Amérique latine » se consacre à la création sud-américaine, un choix qui s’insère dans l'esprit du moment, « les initiatives se multiplient », souligne Guillaume Piens, directeur de la manifestation : notamment dans les institutions comme « Géométries Sud, du Mexique à la Terre de Feu » à la Fondation Cartier, « Ana Mendieta » au Jeu de paume ou « Eldorado cap sur le Mexique » à Lille 3 000.

Cette année la manifestation a abandonné – temporairement ? – la sectorisation, les galeries participant aux thématiques jalonnent la nef du Grand Palais. Si peu de galeries d’Amérique latine font le déplacement, contrairement aux années précédentes sous le signe de l’Afrique, de la Suisse ou de la Corée – qui avaient vu des galeries des régions concernées se déployer le long des allées –, la thématique a tout de même attiré des enseignes étrangères telles que Freijo Gallery (Madrid) ou Ana Mas Projects (Barcelone).

Il peut paraître surprenant de se confronter à une thématique sur la valorisation des artistes femmes en 2019, mais cela semble tout de même nécessaire au vu par exemple du dernier rapport d’Art Basel et UBS qui souligne que seulement 36 % des artistes exposés dans les galeries d’art contemporain sont des femmes. Dans cette section, organisée par l’association Aware (Archives of Women Artists, Research and Exhibitions) dont l’objectif est l’indexation et la promotion des femmes artistes, sont disséminés 25 projets d’artistes femmes. À l’instar des thématiques autour des zones géographiques, cette ligne directrice offre un certain confort de visite et attire des noms connus, qui viennent appuyer la crédibilité artistique. On verra ainsi Orlan chez Ceysson & Bénétière [voir illustration], qui revient après quelques années d’absence ; Oda Jaune chez Templon ; Valérie Belin et Laure Prouvost chez Nathalie Obadia ou Geneviève Claisse, présentée par trois enseignes Grimont, A&R Fleury et Wagner.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°520 du 29 mars 2019, avec le titre suivant : Art Paris joue sur plusieurs tableaux

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