FOIRE D’ART CONTEMPORAIN

AKAA marque son territoire

Par Anne-Cécile Sanchez · Le Journal des Arts

Le 24 novembre 2021 - 690 mots

Pour sa 6e édition, la foire spécialiste de la scène africaine a retrouvé la convivialité du Carreau du Temple et un public venu nombreux.
Paris. La 6e édition d’AKAA – Also Known As Africa – affichait à sa fermeture un bilan « très satisfaisant », selon sa fondatrice Victoria Mann, qui se félicitait que « le public, les collectionneurs, les institutions et autres professionnels du monde de l’art aient été au rendez-vous ». La foire spécialisée dans l’art africain se voulait cette année plus sélective et réunissait trente-cinq exposants, dont une dizaine de nouvelles galeries, donnant l’impression d’un saut qualitatif par rapport aux éditions précédentes. Avec de nombreux artistes présents sur les stands et dans les allées, sa dimension conviviale a également fait l’unanimité. « C’est une foire vivante et chaleureuse, cette ambiance la distingue de 1-54 Contemporary African Art Fair de Londres », remarquait Florian Azzopardi, fondateur de la galerie Afikaris. « C’est une priorité pour notre équipe que nos exposants et notre public se sentent bien dans un environnement propice aux rencontres, à la création d’un réseau, au business et aux retrouvailles », abonde Victoria Mann.
De nombreuses ventes
S’il est difficile d’apprécier le volume des ventes, celles-ci auraient selon les organisateurs donné lieu à « de nombreuses acquisitions, par d’importantes collections privées, des fondations, mais aussi par de nouveaux collectionneurs ». Et sans doute par quelques simples amateurs.

La jeune galerie parisienne Afikaris assurait ainsi avoir vendu des œuvres de chacun de ses artistes, de 950 euros pour une photo de petit format signée Marc Posso jusqu’à 35 000 euros pour une grande toile de Jean-David Nkot [voir ill.], dont elle publie la première monographie. « Pour nous, AKAA est un lieu de rencontres et nous donne l’opportunité d’exposer le travail d’artistes émergents de la scène sud-africaine », expliquait Kari Smith, cofondatrice à Paris de Bonne Espérance Gallery, et selon laquelle la série photo de Sakhile Cebekhulu avait « rencontré son public ». Quant à la sud-africaine Bkhz Gallery, elle avait renouvelé son stand le samedi après avoir vendu plusieurs œuvres, en particulier des tirages de la série « If Covid was a Colour » de Tatenda Chidora (autour de 1 200 euros).

Membre du comté de sélection de la foire, le marchand Didier Claes, surtout connu comme spécialiste de l’art africain classique, avait consacré son espace à une de ses trouvailles, le peintre Gopal Dagnogo, avec une série inédite de tableaux aux fonds noirs, et disait avoir bien vendu les deux premiers soirs (de 4 000 à 14 000 euros). Un autre marchand établi, André Magnin – outre des œuvres très identifiables de Chéri Samba – avait consacré un mur entier aux collages d’esprit surréaliste de Marcel Miracle. La galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, pour sa cinquième participation, faisait une large place aux dessins et aux sculptures en bois de Zanfanhouédé, ainsi qu’aux peintures de Dominique Zinkpè, un artiste que l’on retrouvait également dans la vente d’art moderne et contemporain organisée sur place par Bonhams. La foire avait en effet noué un partenariat avec la maison de ventes londonienne pour montrer sa volonté d’encadrer un marché en pleine structuration. Les enchères qui se sont tenues le samedi après-midi au rez-de-chaussée se sont cependant conclues par des résultats décevants. Si une sculpture de Benedict Chukwukadibia Enwonwu (1917-1994) Anyanwu, estimée entre 70 000 et 90 000 euros, a trouvé preneur pour 94 050 euros (frais inclus), il y a eu plusieurs invendus.
Au-delà des frontières africaines
AKAA s’est fixée pour objectif d’accompagner la scène africaine et de la faire connaître. Mais en la circonscrivant, ne contribue-t-elle pas à la cantonner ? « Notre foire n’est pas consacrée à la scène africaine, mais bien aux scènes contemporaines en lien avec le continent africain, nuance Victorian Mann. La foire est ouverte aux artistes du monde entier qui revendiquent dans leur œuvre un lien au continent africain. La question de la géographie n’est pas au cœur de notre message, mais bien celui des différents dialogues qui peuvent se faire à travers les artistes entre ce continent et le reste du monde. AKAA est une invitation à regarder la carte internationale de l’art contemporain sous un nouvel angle. » Une spécificité indispensable quand chaque foire se doit d’affirmer une identité forte.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°578 du 26 novembre 2021, avec le titre suivant : AKAA marque son territoire

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