Mercredi 20 février 2019

Le descendant d'un collectionneur russe réclame un van Gogh « volé » par le régime communiste et exposé à l'Université de Yale

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 30 décembre 2009 - 292 mots

NEW HAVEN (ETATS-UNIS) [30.12.09] – Le descendant d'Ivan Morozov, dont la collection d'art a été nationalisée durant la Révolution russe, réclame la restitution d'un tableau de Vincent van Gogh, aujourd'hui propriété de l'Université de Yale.

Les nationalisations du régime soviétique peuvent-elles être reconnues comme des vols par les tribunaux américains ? C'est en substance la question posée par Pierre Konowaloff, descendant d'Ivan Morozov, aristocrate et riche industriel. La collection Morozov, restée célèbre pour sa qualité et son avant-garde, est aujourd'hui dispersée dans le monde entier, le musée Pouchkine à Moscou abritant quelques unes des plus belles pièces.

Selon l'Associated Press, la demande de Pierre Konowaloff concerne un tableau de Vincent van Gogh, « Café de nuit » (1888), qui faisait autrefois partie de la collection Morozov. Nationalisée dans les années 1930, l'œuvre a été vendue à Stephen Carlton Clark dans une galerie new-yorkaise entre 1933 et 1934. Cet élève de Yale décide en 1961 de léguer le tableau à son ancienne université.

Les avocats de l'Université ont déclaré que les nationalisations soviétiques, bien qu'étant en totale contradiction avec les valeurs américaines, ne violent pas les lois internationales. Ils ont ajouté que la demande de Pierre Konowaloff devait être déboutée pour cause de prescription. Du coté du plaignant, l'argument principal est que les autorités russes ont illégalement confisqué la collection Morozov, et que les États-Unis doivent reconnaître ce vol comme une violation des lois internationales.

Pour Pierre Konowaloff, la décision de l'Université de Yale d'accepter le tableau est une forme de « blanchiment » d'art.

Cette affaire soulève encore une fois le statut des nationalisations russes. Depuis plusieurs années, l'État russe restitue les objets de culte de l'Église orthodoxe saisis par les bolcheviks. La question des œuvres d'art reste pour l'instant un sujet tabou dans les musées russes.

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