L'architecture brutaliste britannique menacée

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 9 février 2010

LONDRES [09.02.10] – Détruire ou protéger ? Une bataille s'ouvre en Grande-Bretagne pour sauver les constructions de l'architecture brutalistes des bulldozers. The Independent expose les perspectives moroses pour ce genre d'architecture.

Un affront de la ministre de la culture britannique, Margaret Hodge, suscite des craintes quant à la condamnation d'une construction moderniste. En effet, cette dernière a refusé d'attribuer le grade II – qui assure la survie de l'édifice – sur la liste du patrimoine britannique à la bibliothèque centrale de Burmingham, une énorme pyramide inversée de style brutaliste construite en 1974.

Les Amis de la Bibliothèque centrale soutenus par la Société du Vingtième siècle (Twentieth Century Society), un groupe d'action qui se bat pour sauver d'importants édifices modernistes, ont réussi à obtenir un nouvel examen de leur dossier par le ministère de la Culture, des Médias et du Sport.

Cependant, les chances d'un avis favorable semblent minimes. Le ministère vient juste de confirmer son refus d'inscrire sur cette même liste la gare routière de Preston, autre bâtiment datant de 1968. La gare et sa structure à nervures unique, oeuvre des architectes Kuth Ingham et Charles Winston est menacée de démolition depuis une dizaine d'années.

A Londres, la liste des édifices en voie de disparition s'allonge. Y figurent, entre autres : le lotissement Robin Hood Gardens, la Milton Court dans le quartier londonien du Barbican qui fait place aujourd'hui à des appartements et aux locaux de la Guildhall School of Music and Drama ou encore les appartements de Hereford Square à Kensington.

Alors que le British Heritage a recommandé la sauvegarde de la Bibliothèque centrale, la Commission pour l'Architecture et l'Environnement construit, la CABE a émis un avis contraire qui a apparemment influencé la décision de Mme Hodge. Selon Catherine Croft, la directrice de la Twentieth Century Society, la ministre a accordé trop d'importance aux opinions publiques et commerciales.

Le problème réside dans le fait que même les organismes de sauvegarde de ce patrimoine ne sont parfois pas d'accord sur le choix des constructions à sauver et les politiques à mener ce qui amènent les promoteurs à obtenir plus facilement ce qu'ils demandent. Ces derniers présentent parfois des dossiers de destruction de sites plus détaillées et plus convaincants que ceux qui les défendent.

Pour certains, l'architecture brutaliste est un modèle d'avant-gardisme et d'élégance avec son refus du décor, son goût du volume et la rupture d'échelle. Pour d'autres, ce sont des constructions imposantes et laides, souvent détestés par le public.

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