Dimanche 25 février 2018

Weimar contemporain

Rupture dans une ville conservatrice

Le Journal des Arts

Le 1 décembre 2009

Weimar sera capitale européenne de la Culture en 1999, mais d’ici là, beaucoup se demandent si la ville sera capable d’en finir avec les fantômes du passé et mériter de nouveau son titre d’\"Athènes de l’Illm\", symbole de l’éclat artisti­que et intellectuel de jadis. C’est dans ce contexte qu’a été conçue l’expo­sition \"Nach Weimar\", consacrée à la jeune création contemporaine.

WEIMAR - "Il n’y a pas eu depuis longtemps un tel panorama de jeunes artistes dans un musée allemand", assure Jorn Brunotte, le porte-parole de l’exposition "Nach Weimar", en projet, et organisée au Landes­museum par la Kunstsammlung zu Weimar. Cette dernière a invité, dès 1995, neuf jeunes galeries allemandes, parmi les plus dynamiques – principalement de Berlin et de Cologne –, à engager un débat sur l’art contemporain pour préparer l’exposition. Compte tenu de leur expérience au sein d’institutions spécialisées dans ce domaine, Klaus Biesenbach (Kunst-Werke, Berlin) et Nikolaus Schaf­hausen (Künstler­haus, Stuttgart) ont été nommés commissaires. Ils ont sélectionné des artistes dont le travail "brise les notions traditionnelles de ce qui constitue une œuvre d’art" et ont souhaité utiliser le cadre du musée, non pour s’aligner sur les valeurs culturelles qui y sont habituellement préservées mais, au contraire, pour les remettre en question. Aux côtés d’artistes à la réputation solidement établie tels que Matthew Barney (États-Unis), Douglas Gordon (Écosse) et Pipi­lotti Rist (Alle­magne), figurent de nouveaux venus comme Evgueni Jufit (Russie) et Olafur Eliasson (Islande).

Collection Paul Maenz
En dépit des expositions montées à l’ACC Galerie – cette année "Pierre & Gilles", ainsi que deux manifestations en rapport avec "Nach Wei­mar" –, Jorn Brunotte reconnaît volontiers qu’introduire une part de création post-moderniste dans une ville imprégnée de conservatisme n’est pas sans risques. Une bonne part des 60 000 habitants de Weimar n’est guère réceptive – c’est un euphé­misme… – à l’art contemporain, ce qui pourrait soulever quelques problèmes compte tenu des 200 000 deutschemarks (680 000 francs) de subventions accordés par le Land de Thuringe pour la manifestation.

L’exposition "Nach Weimar" aura néanmoins l’honneur d’être présentée au Landesmuseum, toujours en cours de restauration. Endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale et laissé à l’abandon, le musée – rebaptisé "Neues Museum" – ne rouvrira complètement ses portes qu’en 1998. Il accueillera alors l’exceptionnelle collection rassemblée depuis plus de vingt ans par le Berlinois Paul Maenz, devenant ainsi le premier musée consacré à l’art contemporain international dans la nouvelle République fédérale d’Alle­magne. Le Neues Museum entend par la suite étoffer la collection Maenz, qui comprend surtout des artistes occidentaux des années soixante-dix et quatre-vingt, avec l’acquisition d’œuvres de l’ex-République démocratique allemande et d’artistes des années quatre-vingt-dix.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°27 du 1 juillet 1996, avec le titre suivant : Weimar contemporain

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