Voyage à Gakona

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 23 mars 2009

La rupture dans la continuité : pour sa nouvelle saison 2009, Marc-Olivier Walher change de colonne vertébrale en abandonnant son incursion dans le spectacle pour aller « au-delà de l’impact visuel ».

Mais le vocabulaire que chérit le maître des lieux est reconnaissable entre mille et il reste malgré tout du grand spectacle bien visible avec l’installation d’antennes fictives et monumentales de Laurent Grasso.
Derrière le titre sibyllin se cache un village d’Alaska, siège d’une base secrète de recherche et d’écoute de la ionosphère, un centre truffé d’antennes géantes qui suscite rumeurs et craintes depuis plusieurs années. Influence sur le climat ou les comportements, super espion, l’exposition ne donne pas la réponse quant à l’activité avérée du site, mais envoie un courant alternatif : rumeur-fait, fantasme-réel. Le Suisse Roman Signer fait alors voler une chaise et décuple l’action paratonnerre d’un parapluie, Ceal Floyer déploie un humour ultra-sec et Micol Assaël offre une expérience déroutante. Après avoir signé une décharge, on peut parcourir la salle simplement agrémentée de plaques de cuivre pour en éprouver la ionisation et ressentir l’électricité statique. Mais rien à voir pour autant avec le palais de la Découverte tout proche et les cheveux dressés sur la tête.
Certains en appelleront à Shakespeare et son fameux « beaucoup de bruit pour rien », mais l’induction fonctionne, le malaise s’instille avec facilité. Si l’on doit éteindre son portable, qu’est-ce qui dit que cette ionisation massive est anodine ? Et le voyage à Gakona de commencer.

A voir

« Gakona », Palais de Tokyo, 13, avenue du Président-Wilson, Paris XVIe, www.palaisdetokyo.com, jusqu’au 3 mai 2009.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°612 du 1 avril 2009, avec le titre suivant : Voyage à Gakona

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