Samedi 17 novembre 2018

Aix-en-Provence (13)

Voyage avec Turner, maître en couleurs

Hôtel de Caumont jusqu’au 18 septembre 2016

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 27 mai 2016 - 399 mots

Au cours de ses voyages, J.M.W. Turner a fait une halte à Aix-en-Provence pour dessiner la ville. Deux siècles plus tard, l’hôtel de Caumont retisse le lien avec cet artiste surdoué à travers une exposition originale, riche de cent trente-trois œuvres dont trente-six venues de la Tate, qui se concentre sur ses recherches techniques liées à la couleur et les étapes clés de son parcours stylistique. Un parcours qui commence à l’âge 15 ans comme employé chez des antiquaires, où il expose des aquarelles par lesquelles il se fait connaître. Il est attiré par la peinture de paysage et a le souci d’élever ce genre au même degré de complexité narrative que la peinture d’histoire. Ses premières œuvres en tant que paysagiste sont en grande partie à l’exemple de Poussin. Il critiquera par la suite ses idées qu’il jugera trop restrictives. A contrario, lui-même essuiera de nombreuses critiques pour sa façon très audacieuse d’élargir sa palette, en étant le premier à expérimenter de nouveaux pigments comme le bleu de cobalt ou le jaune de chrome dont on moquait son usage excessif. Bien que son nom soit synonyme de couleur, ses œuvres étaient reproduites et diffusées à son époque sous forme de gravures en noir et blanc. Turner a consacré du temps à ces projets d’édition et le résultat n’a fait que confirmer ses talents de coloriste, tant il était capable de transposer des aquarelles complexes sous une forme aussi élaborée en noir et blanc. Le Liber Studiorum – inspiré du Liber Veritatis du Lorrain –, sorte de traité didactique de paysages en images, comprenant soixante-douze estampes gravées en mezzotinte, en est la preuve éclatante. Connu comme paysagiste, Turner a toujours compté sur son expérience de voyageur pour stimuler son imagination. Dans son parcours entre Londres et l’Italie, il emprunte le littoral méditerranéen en passant par la Provence. C’est le Lorrain, Poussin et Watteau qu’il a en tête, dit-il, lorsqu’il contemple la France. Il réalisa une série de délicieuses petites études colorées à la gouache sur papier bleu qui témoignent de son émerveillement devant les paysages et la lumière. Le critique Thoré-Burger déclarait à propos de « sa folie de la lumière » : « Elle lui a fait imaginer des combinaisons de couleur que les plus grands coloristes n’avaient point prévues. »

\"Tuner et la couleur\"

Hôtel de Caumont centre d'Art

3 rue Joseph Cabassol

Aix en Provence (13)

www.cuamontcentred'art.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°691 du 1 juin 2016, avec le titre suivant : Voyage avec Turner, maître en couleurs

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