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Voir et revoir Gasiorowski

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 février 2002

Brutalement disparu en 1986 à l’âge de 56 ans, Gérard Gasiorowski nous a laissé une œuvre d’une richesse plastique considérable dédiée à la peinture. Non à la peinture, mais à « Peinture », doit-on dire, si l’on veut être fidèle à la façon dont en parlait lui-même l’artiste. Toute sa vie a été vouée corps et âme à maintenir l’idée de peinture au plus haut d’un exercice qui exige respect et dévotion dans une attention de chaque instant aux grands exemples du passé : de Lascaux à Cézanne en passant par Poussin et Chardin. Chez Gasiorowski, cette attention ne procède d’aucun mimétisme formel mais d’une attitude et d’une réflexion qui l’ont conduit à une production plastique éclatée.

De la reproduction d’images photographiques façon Pop Art à la création d’une ligne indéfinie arpentée par le marcheur de Giacometti, en passant par toutes sortes de séries, Les Fleurs, Les Tourtes, La Guerre, Kiga, celle-ci a connu des formulations les plus opposées qui soient et qui sont autant d’expressions de la mythologie personnelle du peintre. Tour à tour hyperréaliste, pompière, tachiste, gestuelle, volcanique, conceptuelle, l’œuvre de Gasiorowski opère comme une synthèse puissante des possibilités du pictural dans cette période d’avant-garde. Les tableaux, œuvres sur papier, installations et documents de travail présentés chez Maeght sont l’occasion de voir et revoir Gasiorowski, encore et toujours.

PARIS, galerie Maeght, 42-46, rue du Bac, tél. 01 45 4845 15, 31 janvier-23 mars.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°533 du 1 février 2002, avec le titre suivant : Voir et revoir Gasiorowski

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