Vendredi 13 décembre 2019

Bois-le-Duc (Pays-Bas)

Vincent Van Gogh, le semeur d’amitiés

Noordbrabants Museum - Jusqu’au 12 janvier 2020

Par Dominique Vergnon · L'ŒIL

Le 29 octobre 2019 - 336 mots

L’amitié n’est pas un vain mot pour Van Gogh. Comme il l’écrit à Signac, elle est selon lui « la meilleure consolation… le seul remède » face aux adversités.

Autant que l’art et la nature, elle est l’autre grande dévotion de sa vie. De Zundert, où il naît, à Auvers, où il meurt, en quelques étapes essentielles qui suivent de près son travail créateur, cette exposition porte sur la brève existence du peintre un nouvel éclairage. Avec une cohérence dans le propos qui ne se dément pas tout au long du parcours, le visiteur découvre que, loin de l’idée reçue qui veut qu’il ait seulement un caractère associable et irritable, Van Gogh était capable de sincères attachements. Envers sa famille d’abord, et notamment son père, le pasteur Theodorus, dont il peint peu après le décès la Bible, exceptionnellement exposée. Ensuite envers les femmes dont il s’éprend et qui, même brièvement, partagent ses jours d’errance. De facture classique, le portrait d’Agostina Segatori en témoigne. Enfin à l’égard d’amis qui saluent ses qualités humaines et passent sur ses exaltations, ce que fit la famille Roulin. Ses liens avec les artistes qui l’ont apprécié comme Van Rappard, Émile Bernard, Camille et Lucien Pissarro sont largement évoqués. Au fil des portraits exposés, des lettres retrouvées, des photos inédites et des archives locales mieux explorées, une image vibrante et émouvante du flamboyant artiste apparaît et se fixe. C’est en parcourant ces campagnes nord-brabançonnes que Van Gogh tomba amoureux de la nature et des paysans. Auprès d’eux, il puise des motifs qu’il affectionnera et gardera en mémoire. Ainsi ce vieil homme assis, la tête dans les mains, peut-être pleurant, que l’on voit sur une petite lithographie de 1882, revient huit ans plus tard sur une huile sur toile finement nuancée, dans une attitude similaire. Proche des gens simples, Van Gogh compose en 1885, à partir de nombreux dessins au crayon et à la plume, son célèbre tableau Les Mangeurs de pommes de terre. Il les a peints comme s’il était à table avec eux.

« Van Gogh et les siens, amis, famille, modèles »,
Noordbrabants Museum, Verwersstraat 41, Bois-le-Duc, Pays-Bas, www.hnbm.nl

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°728 du 1 novembre 2019, avec le titre suivant : Vincent Van Gogh, le semeur d’amitiés

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