Dimanche 18 novembre 2018

Vienne. L’autre ferment de l’art moderne

Par Jean-Christophe Castelain · L'ŒIL

Le 4 décembre 2007 - 380 mots

Les deux sites du Belvédère à Vienne retrouvent la configuration du début du XXe siècle. L’exposition inaugurale du Belvédère inférieur est consacrée aux relations Vienne-Paris. Ambitieux et périlleux.

Comme un clin d’œil à l’histoire, c’est dans un château baroque construit par un noble français que se tient la première exposition sur les rapports entre les arts autrichien et français au cours de la première moitié du XXe siècle.

Le château retrouvé
Le château du Belvédère est un lieu que les touristes connaissent bien. Il s’agit plus exactement de deux châteaux. Tout proches du Ring, les deux sites occupent les extrémités d’une colline qui descend en pente douce. Ils furent construits par le prince Eugène de Savoie qui, mécontent du sort que lui réserva Louis XIV, se mit au service de Joseph Ier et devint une gloire militaire.
Au début du XXe, le Belvédère inférieur, sous l’influence de la Sécession viennoise en lutte contre un art qui pastichait le passé, est dévolu aux œuvres modernes. Mais, progressivement, c’est l’inverse qui se produit. Jusqu’à récemment, le Belvédère inférieur et l’orangerie attenante accueillaient les collections médiévales et baroques tandis que le Belvédère supérieur exposait des pièces du XIXe et XXe.
Retour aux sources donc en ce début du xxie siècle : dans le bâtiment du haut les collections permanentes, et dans le bas un lieu d’expositions temporaires.

À sens unique
C’est donc une exposition ambitieuse qui inaugure ces espaces réaménagés, une exposition consacrée à l’influence de l’art moderne en France sur l’art autrichien. Même si les points de contacts entre les écoles ont opéré dans les deux sens, les commissaires n’ont pas cherché à repérer une influence proprement autrichienne sur les avant-gardes parisiennes.
Pourtant, de nombreux artistes autrichiens ont séjourné à Paris. La liste est longue. Eugen Jettel (1846-1901), un paysagiste marqué par l’école du plein air, qui y est resté vingt ans. Josef Engelhart (1864-1941), un ami de Toulouse-Lautrec qui a convaincu nombre de ses amis parisiens de venir exposer à la Sécession viennoise. Klimt est venu, Adolf Loos aussi qui en a profité pour construire la maison de Tristan Tzara. Tous ont plus ou moins été associés à l’école de Paris et ont participé aux expositions internationales parisiennes. Mais la relation est restée univoque, sans être aussi féconde que souhaitent le montrer les commissaires.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°597 du 1 décembre 2007, avec le titre suivant : Vienne. L’autre ferment de l’art moderne

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