Lundi 16 septembre 2019

Fondation Salomon, Alex

Vertigineux Verschueren

Jusqu’au 5 juin 2011

Par Manou Farine · L'ŒIL

Le 14 mars 2011 - 340 mots

Tiges de lin s’engouffrant dans une salle par la cheminée, portail tout d’enchevêtrements végétaux calé sur un chemin forestier, cône sculptural hissé en branches de tilleul jusqu’à chatouiller le plafond, branche nue déversant une flaque vert tendre d’aiguilles de pin, les installations de Bob Verschueren ont pris l’habitude de se glisser dans des expositions tournées vers la construction du paysage et le sentier bien balisé de la relation art et nature.

Moins hommage au Land Art que goût de la métaphore et de la dialectique. Un programme aux accents éthiques qu’il met en place à la fin des années 1970, en prenant progressivement congé de la peinture. D’abord par dissolution de pigments dans le paysage, puis bien vite par l’élaboration de fragiles installations végétales dans l’espace. Branchages, brindilles, tiges, feuilles se font lignes, arcs, tableaux, sculptures, frêles architectures, jouant de la confrontation de l’inerte et du vivant.  À l’horizon: la promesse de la dégradation de la matière, et une séduction sensible au bord du raffinement. Le sillon se creuse encore comme autant de petits rejetons avec l’expérience des phytogravures et surtout l’inventaire poétique de sons cueillis dans les végétaux. 
 
La fondation Salomon offre enfin à l’artiste belge sa première grande exposition monographique. Soit six nouvelles installations constituées de matières végétales et éphémères conçues pour les salles du château d’Aventhon. Au programme: ascension et retour au sol. Autrement dit, un véritable hommage à Newton, appliqué à la dialectique de l’envol et de la chute. L’exposition vient alors comme prolonger « Icare » (2000), déjà plantée dans le parc du château. À un jet de pierre d’un jeune chêne à branches de bronze signé Penone, la sculpture fontaine se présente comme un bassin de pierres blanches creusé dans le sol. Au centre, une souche de chêne renversée tête la première, sur laquelle s’étend une fine pellicule d’eau. Comme fichée dans le sol après un long trajet. Ou la sculpture comme événement.

Voir

« Exposition Bob Verschueren », Fondation pour l’art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, Alex (74), jusqu’au 5 juin 2011, www.fondation-salomon.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°634 du 1 avril 2011, avec le titre suivant : Vertigineux Verschueren

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