Dimanche 22 septembre 2019

Musée du Louvre

Vénus beauté (institut) au Louvre

Depuis le 7 juillet 2010

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 23 août 2010 - 372 mots

Elle est désormais présentée seule sur un tapis de marbre rouge, entourée de quelques fragments de sculptures, dans une vaste salle carrée qui lui permettra de continuer à s’offrir, à demi-nue, au regard des visiteurs.

Tous les ans, ils sont en effet pas moins de 6,5 millions – soit 70 à 80 % de la fréquentation des lieux – à défiler pour contempler le déhanché de cette ancestrale Vénus découverte en 1820 à Milo, dans l’archipel des Cyclades. Datée vers 130-100 av. J.-C., elle demeure une star du département des antiquités grecques, logé depuis le XIXe siècle dans les anciens appartements royaux de la Cour Carrée et remaniés par les architectes Percier et Fontaine. C’est donc pour gérer la problématique de ce succès que le département vient de subir un efficace rajeunissement. 

Son parcours, qui avait été conçu avant les travaux du Grand Louvre, a été remis en cohérence en insistant sur la lisibilité des œuvres pour le grand public, cela afin de tenter de désacraliser un art grec souvent jugé très élitiste. La galerie nord s’organise désormais autour d’une présentation géographique illustrant l’ampleur du monde grec et de ses productions, de l’Italie du Sud à la Grèce, en passant par l’Égypte ou l’Asie Mineure. 

Le vase de Pergame, pièce funéraire monumentale qui n’avait plus été exposé depuis de longues années, a ainsi retrouvé sa place dans les salles. La galerie sud est quant à elle dédiée à une présentation thématique qui privilégie la pédagogie sans nuire à la qualité de la présentation des sculptures en jouant sur plusieurs niveaux de lecture. Les dieux et héros y sont évoqués, mais aussi l’importance des répliques romaines de chefs-d’œuvre disparus de Praxitèle, auteur du premier nu féminin (vers 360 av. J.-C.) ou de Lysippe, le portraitiste d’Alexandre le Grand. 

Souvent conçue en bronze, la statuaire grecque a en effet quasiment totalement disparu, à de rares exceptions près. La visite s’achève sous la voûte de la salle des Caryatides, consacrée à la sculpture hellénistique, où le visiteur pourra toujours contempler l’un des plus troublants nus de la sculpture, celui d’Hermaphrodite endormi (IIe siècle ap. J.-C).

Voir

Nouvelles salles d’art grec, Palais Royal, musée du Louvre, rue de Rivoli, Paris Ier, www.louvre.fr, depuis le 7 juillet 2010.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°627 du 1 septembre 2010, avec le titre suivant : Vénus beauté (institut) au Louvre

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