Samedi 23 février 2019

Vélasquez, de Séville à Édimbourg

Vingt et un tableaux à la National Gallery of Scotland

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 septembre 1996 - 356 mots

À Édimbourg, l’exposition de la National Gallery of Scotland évoque la première manière de Vélasquez, replace l’art du jeune peintre dans son contexte et rappelle l’épanouissement culturel qu’a connu Séville au XVIIe siècle, alors premier port d’échanges avec les Amériques et troisième ville d’Europe.

ÉDIMBOURG - L’exposition de la National Gallery of Scotland rassemble vingt et une œuvres de Vélasquez, ainsi qu’une trentaine de tableaux de ses contemporains et compatriotes, prêtés par des collections publiques et privées d’Espagne, d’Europe et des États-Unis. Elle illustre bien la diversité de la production de l’artiste avant son départ pour Madrid, où le roi Philippe IV l’appellera en 1623 et monopolisera ses talents ensuite.

À ses débuts, Vélasquez peint de nombreuses scènes de bodegones, ou scènes de cuisine, de format horizontal. Ces scènes sont prétexte à de multiples natures mortes avec des personnages en buste, telles les remarquables Une vieille femme faisant cuire des œufs (National Gallery, Londres) et Le marchand d’eau de Séville (Wellington Museum, Londres). L’une des autres grandes réussites de Vélasquez fut d’associer le format horizontal de ces bodegones à un contenu religieux, comme dans Le Christ dans la maison de Marie et de Marthe (National Gallery, Londres). La popularité que ce genre nouveau connaîtra plus tard dans toute l’Europe est attestée par une œuvre de Jacob Matham, L’étal du maraîcher et le repos durant la fuite en Égypte (National Gallery of Scotland).

Trois Immaculée Conception
L’exposition évoque également la ferveur religieuse qu’a entraînée la Contre-Réforme à Séville, qui s’est traduite par des fêtes spectaculaires, des processions et des représentations de mystères, ainsi que par de généreuses donations aux églises et aux couvents, à l’origine de commandes aux artistes. Ainsi, trois versions de l’Immaculée Conception, un dogme que Séville avait adopté avec enthousiasme, sont présentées côte à côte : L’Immaculée Conception de Francesco Pacheco, un retable de 4,6 m de haut provenant de l’église Saint-Laurent de Séville, une sculpture rehaussée de peinture par Juan Montañez qui vient de l’église d’El Pedroso, et une version exécutée par Vélasquez.

VÉLASQUEZ À SÉVILLE, jusqu’au 20 octobre, The Mound, National Gallery of Scotland, Édimbourg, tél. 131 556 8921, tlj 10h-17h, dimanche 14h-17h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°28 du 1 septembre 1996, avec le titre suivant : Vélasquez, de Séville à Édimbourg

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