Vendredi 28 février 2020

Peinture XIXe

Vedute impressionniste

Le Petit Palais livre la première rétrospective

Par Margot Boutges · Le Journal des Arts

Le 16 novembre 2010 - 377 mots

PARIS - Peintre célébré en son temps par le Tout-Paris, Giuseppe De Nittis (1846-1884) n’a pas eu de postérité éclatante dans la capitale française qu’il avait, selon ses Notes et souvenirs, « prise pour épouse ».

Son œuvre n’y a pas été exposée depuis 1886. Elle fait aujourd’hui l’objet d’une rétrospective au Petit Palais, Musée des beaux-art de la Ville de Paris, organisée en collaboration avec la Pinacoteca Giuseppe-De Nittis de Barletta (Italie), née de la donation de la veuve de l’artiste en 1914 à la ville natale de son mari.

De Nittis s’installe à Paris en 1871 et devient l’ami d’Édouard Manet, de Gustave Caillebotte, d’Edgar Degas. Ce dernier l’entraîne chez Nadar pour la première exposition des artistes « intransigeants » en 1874. On relève un réseau d’influences mutuelles entre les chefs de file impressionnistes et De Nittis, même si ce dernier fait figure de second rôle. Le pinceau de De Nittis, qui a brossé de nombreux dos féminins, s’efface derrière celui de Degas et plus encore celui de Monet : a posteriori, ses vues du Parlement anglais noyé dans le brouillard (Westminster, 1878) ont beaucoup à souffrir de la comparaison avec le même motif traité entre 1899 et 1900 par le peintre de Giverny.

La singularité de De Nittis parvient cependant à s’imposer lorsqu’il plonge au cœur de la ville. Par temps de grisaille, il parcourt les rues de Paris et de Londres avec l’ardeur d’un védutiste. Si La National Gallery de Londres (1877) est marquée par l’exactitude topographique, les bâtiments de Trafalgar Square (1878) ondulent, sorte de tours de Pise du Nord. Serait-ce le mouvement de foule perpétuel habitant ses toiles qui fait tanguer une perspective parfois hésitante ? C’est un moindre mal car De Nittis excelle dans les scènes de groupe : ses figures, finement retranscrites ou esquissées, sont captées dans l’instantanéité et dressent des compositions fourmillantes de vie. Dans Place des Pyramides (1875), où l’ensemble de l’humanité parisienne se presse à ses affaires, il a su saisir de son pinceau l’agitation mélancolique de la grande ville. 

GIUSEPPE DE NITTIS LA MODERNITÉ ÉLÉGANTE

Jusqu’au 16 janvier, Petit Palais, av. Winston-Churchill, 75008 Paris, tél. 01 53 43 40 00, petitpalais.paris.fr, tlj sauf lundi 10h -18h. Catalogue, éd. Paris Musées, 296 p., 37 euros, ISBN 978-2-7596-0142-4.

GIUSEPPE DE NITTIS

-Commissariat : Gilles Chazal, directeur du Petit Palais ; Dominique Morel, conservateur en chef ; Emanuela Angiuli, directrice de la Pinacoteca Giuseppe-De Nittis de Barletta

-Nombre d’œuvres : 110 tableaux et pastels

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°335 du 19 novembre 2010, avec le titre suivant : Vedute impressionniste

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