Vendredi 18 janvier 2019

Varini à Rouen

L'ŒIL

Le 1 mai 2003 - 411 mots

Après les rues de Caracas au Vénézuela, après le centre d’art de Bouvet Ladubay à Saumur l’année dernière, ou encore bien après le musée d’Art moderne de la Ville de Paris et la cité médievale de Bellinzona en Suisse, Felice Varini investit le musée des Beaux-Arts de Rouen. Le propre de toutes ses interventions est de provoquer des choses in situ, d’avoir un impact immédiat sur le spectateur en lui proposant une nouvelle perception de l’espace. Il trace des lignes sur le sol, les murs, le plafond. À un point de vue unique et précis, que le spectateur découvre en se déplaçant, les tracés se rassemblent pour former une figure géométrique. Fonctionnant comme des « déclencheurs d’abstraction », ces lignes créent ou détruisent les effets de volume selon l’endroit où l’on se place.
Le musée des Beaux-Arts de Rouen a toujours eu une politique en faveur de l’art contemporain, via un programme d’expositions temporaires. Mais aujourd’hui Laurent Salomé, directeur du musée, entame une politique plus solide, fondée sur les expositions mais aussi sur l’acquisition d’œuvres contemporaines – la dernière acquisition en date est la maquette de Caterpillar de Wim Delvoye, installée dans la salle des primitifs flamands. Mais, avec l’intervention de Varini qui sera pérenne, Laurent Salomé veut aller encore plus loin, cherchant par là à modifier le regard sur le lieu même, sur « ce bâtiment au caractère quelque peu austère et solennel », et ce, en amorce à de plus grands projets. En effet, la rentrée prochaine verra l’ouverture d’une galerie réservée à des expositions d’art contemporain – sorte de galerie expérimentale. Et l’ouverture d’un « vrai » département consacré au xxe siècle est prévue pour 2007-2008. Il prendra la place de la bibliothèque, qui, en déménageant, va libérer plus de 5 000 m2, et sera alimenté par les acquisitions et des mises en dépôt.
Alors qui mieux que Varini, avec son travail sur la perception, sur l’espace, pouvait répondre aux espérances de Laurent Salomé ? À Rouen, l’artiste a choisi d’intervenir dans deux escaliers qui rythment le parcours de la visite du musée.
Il a suggéré qu’il utiliserait des miroirs convexes, mais rendez-vous le 16 mai pour découvrir la surprise que nous a réservée Felice Varini.

ROUEN, musée des Beaux-Arts, esplanade Marcel Duchamp, tél. 02 35 71 28 40, www.musees-rouen.org, à partir du 16 mai ; galerie du Bellay, 1 rue du maréchal de Lattre de Tassigny, mont Saint-Aignan, tél. 02 35 75 83 83, 15 mai-26 juillet.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°547 du 1 mai 2003, avec le titre suivant : Varini à Rouen

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