Mercredi 17 octobre 2018

XVe

Van Eyck et ses précurseurs

Le Musée Boijmans étudie les influences de la peinture européenne sur l’œuvre de Van Eyck

Le Journal des Arts

Le 2 janvier 2013 - 408 mots

ROTTERDAM - Contrairement à ce qu’une historiographie héritée des écrits de Giorgio Vasari a pu prétendre pendant des siècles, l’art de Jan Van Eyck (vers 1390-1441) n’est pas issu du seul génie du peintre.

Van Eyck n’a pas exporté la peinture à l’huile dans les territoires du nord, comme le veut la légende. À Rotterdam (Pays-Bas), l’exposition « The Road to Van Eyck » dynamite certaines croyances en réunissant autour de quelques chefs-d’œuvre du maître, des sculptures et peintures de ses prédécesseurs et contemporains, actifs aux Pays-Bas et en France au tournant du XVe siècle. Entre 1370 et 1440, les arts prospèrent en Europe, dans le sud des Pays-Bas et en France, où les cours ducales rivalisent de luxe et d’élégance. La multiplication  des missions diplomatiques va alors de paire avec une internationalisation du goût : les artistes deviennent mobiles, d’où la difficulté aujourd’hui à dater et situer des œuvres anonymes. D’Utrecht à Paris, de Champmol à Cologne, les motifs, les matériaux, les techniques se perfectionnent.

Héritage mâtiné de talent
L’exposition hollandaise propose une sélection d’œuvres particulièrement soignée. La Vierge aux papillons de Jean Malouel (1412, Gemäldegalerie, Berlin) – réalisée à Dijon pour la cour du duc de Bourgogne  dix ans avant que Van Eyck y soit accueilli – est encore marquée par l’art de l’enluminure et l’usage de fonds dorés, mais la finesse du trait et le luxe de détails qui seront la marque du peintre sont déjà en gestation. Si Van Eyck est influencé directement par les peintres qui l’ont précédé, il innove dans sa manière de représenter le réel. Avec lui, les ors ne sont plus exécutés avec de vraies dorures. Il peint l’or avec des couleurs, développe une palette chromatique incroyable : dans l’Annonciation (vers 1430-1435, National Gallery, Washington), il place l’archange Gabriel et la Vierge dans un intérieur gothique et fait de leur rencontre un étalage luxueux de tissus, d’orfèvrerie.

Le sens réside dans les détails iconographiques des chapiteaux, des tapis, des inscriptions. Les ailes de l’archange irradient de couleurs exotiques et intenses, la marque du maître. Autour de seulement six œuvres du peintre parmi les 90 pièces présentées, l’art de Van Eyck est néanmoins très bien éclairé.

THE ROAD TO VAN EYCK

Jusqu’au 10 février, Museum Boijmans Van Beuningen, Museumpark 18-20, Rotterdam, Pays-Bas, www.boijmans.nl, tél. 31 (0) 10 44 19 400, tlj. sauf lundi, 11h-17h.

Catalogue (en anglais), Ed. Museum Boijmans, 344p., 39,50 €

Voir la fiche de l'exposition : Van Eyck et ses précurseurs

Légende photo

Affiche de l'exposition « Van Eyck et ses précurseurs » au Museum Boijmans Van Beuningen (Rotterdam) , du 13 octobre 2012 au 10 février 2013.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°382 du 4 janvier 2013, avec le titre suivant : Van Eyck et ses précurseurs

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