Dimanche 23 février 2020

Bruxelles (Belgique)

Une sombre histoire du présent

Musée royal des beaux-arts de Belgique jusqu’au 24 janvier 2015

Par Stéphanie Lemoine · L'ŒIL

Le 23 septembre 2015 - 303 mots

Près de dix ans après sa publication, Une brève histoire de l’avenir de Jacques Attali voit ses prophéties déclinées dans deux expositions au Louvre et au Musée royal des beaux-arts de Belgique.

Inaugurée symboliquement le 11 septembre dernier et sobrement intitulée « 2050 », la seconde exposition s’attache à restituer le volet prospectif de l’ouvrage, dont elle reprend largement les thèses sans pour autant verser dans le travers d’une adaptation littérale. « Nous ne voulions en aucun cas illustrer le livre d’Attali, résume Pierre-Yves Desaive, commissaire avec Jennifer Beauloye de l’exposition bruxelloise, mais plutôt montrer la manière dont de nombreux artistes contemporains font écho dans leurs œuvres aux problématiques évoquées par l’auteur. » Du déclin de l’empire américain à l’éclatement d’un hyperconflit planétaire, prélude possible à une régénération hyperdémocratique –, Jacques Attali use et abuse de l’« hyper » comme d’autres l’ont fait du « post » –, les vagues successives dont l’économiste français annonce la venue sont ici distribuées en neuf thématiques. Comme dans l’ouvrage qui lui sert de fondement, la brève histoire de l’avenir esquissée à Bruxelles commence à Los Angeles, « cœur » du marché mondial et des nouvelles technologies. Au gré d’un parcours où Chris Burden croise Warhol, Boetti, Gursky, Jake et Dinos Chapman, Mona Hatoum, mais aussi un bon contingent d’artistes mobilisant les médias numériques (Future Farmers, Eva et Franco Mattes, Olga Kisseleva, Miguel Chevalier…), elle se poursuit par l’évocation d’un monde en proie à la crise écologique, à l’hyperconsommation, à l’accroissement des inégalités, à la violence religieuse et aux virus informatiques. Pertinente et parfois audacieuse – All You Need is Love d’Eugenio Merino montre ainsi un Coran, une Torah et une Bible gravés du « Love » de Robert Indiana –, la sélection élaborée par Pierre-Yves Desaive et Jennifer Beauloye dresse un tableau très sombre du monde contemporain où peinent à émerger quelques notes d’optimisme, pourtant voulues par Jacques Attali.

« 2050, Une brève histoire de l’avenir », Musée royal des beaux-arts de Belgique, 3, rue de la Régence, Bruxelles (Belgique), www.expo-2050.be

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°683 du 1 octobre 2015, avec le titre suivant : Une sombre histoire du présent

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