Une exposition clin d’œil au fondateur du musée Folkwang : Ernst Osthaus

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 10 décembre 2010 - 334 mots

Le musée Folkwang d’Essen est un long édifice de verre, de métal et de murs blancs conçu par l’architecte David Chipperfield.

Le nouveau bâtiment, terminé depuis le début de 2010, intègre de façon très cohérente l’ancien. L’ensemble est lumineux, sobre, un peu froid, ouvert sur la ville et rythmé par des patios arborés. À l’intérieur, l’œuvre d’art est reine. Le regard n’est pas distrait par l’architecture. Les créations sont éclairées par le plafond à travers des panneaux de verre opaque. 

Le passeur de la modernité en Allemagne 
L’exposition qui se tient actuellement nous invite à une promenade à travers Paris au temps de l’impressionnisme. Elle montre la transformation fulgurante de la capitale française entre 1860 et 1900. Le parcours thématique est un clin d’œil à son fondateur, Ernst Osthaus. Riche industriel passionné d’art, Osthaus a voulu faire de sa ville un foyer culturel et consacrer sa fortune à la création d’un musée ouvert au public. Il se passionne pour l’Art nouveau, le fauvisme et l’expressionnisme allemand. Il est le premier à acquérir des toiles de Gauguin, Van Gogh, Matisse et Derain et le premier à introduire Kandinsky et Nolde en Allemagne. Il organise la première exposition Die Brücke en 1907 et Der Blaue Reiter en 1912. Amateur d’art non européen, il introduit avant tout le monde les arts premiers dans un musée. En 1933, les nazis confisquent 1 450 œuvres de l’exceptionnelle collection d’Essen, considérées comme « art dégénéré ». À partir des années 1960, grâce à un travail gigantesque de recherche des œuvres dispersées, une vingtaine de toiles sont récupérées. Parmi elles figure une des toutes premières acquisitions d’Osthaus : La Carrière de Bibémus de Cézanne, revenue à Essen en 1964. Malgré cette saignée, le Folkwang a su rester très actif durant toutes ces années.
La collection doit sa notoriété à son superbe fonds d’art moderne, mais le musée a développé dès les années 1980 d’autres départements, notamment celui de la photographie, et la section d’art contemporain, pérennisant ainsi l’œuvre de son fondateur.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°631 du 1 janvier 2011, avec le titre suivant : Une exposition clin d’œil au fondateur du musée Folkwang : Ernst Osthaus

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