Dimanche 21 octobre 2018

Paris-5e

Un paradis entre ombre et lumière

Institut du monde arabe Jusqu’au 25 septembre 2016

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 24 juin 2016 - 286 mots

« Il semblerait, selon certains chercheurs, que les jardins suspendus de Babylone aient été construits à 400 km de là, à Nineveh….. », disait une guide à un groupe de visiteurs attentifs.

Sacrilège. Quoi que l’on découvre, les jardins de la ville antique resteront à jamais gravés dans la mémoire collective, et les images de synthèse qui accueillent les visiteurs de l’Institut du monde arabe les emportent au cœur de ce paradis disparu… Paradis, ce mot vient du persan ancien pairi-daeza, qui signifiait « enclos avec des arbres et des fleurs » : des jardins, que l’Institut du monde arabe nous fait découvrir de deux manières. La première, à l’intérieur du musée, raconte l’histoire de ces jardins d’Orient étroitement liée aux révolutions techniques, urbanistiques, artistiques, à l’action de l’homme sur la nature hostile pour maîtriser le cours de l’eau par la construction de nombreux ouvrages : aqueducs, digues, barrages, qui dirigent l’eau vers le cœur des villes ; roues poulies, balanciers, norias, qanat (galeries souterraines) l’amenant jusqu’aux fontaines et aux jeux d’eau, transformant ainsi les paysages les plus arides en jardins luxuriants. De la plus Haute Antiquité à nos jours, de l’Alhambra au Taj Mahal, l’eau est le fil conducteur. La promenade se poursuit sur le parvis de l’Institut sous la forme d’un jardin arabo-musulman de 2 000 m2 réinventé par Michel Péna. Entre ombre et lumière, les parfums de fleur d’oranger, de citronnier et de jasmin invitent à une véritable expérience sensorielle. Au centre, une énorme anamorphose végétale de 6 600 plantes, devient, si l’on se place à un endroit précis – suivez l’attroupement – un parfait polygone étoilé. Elle rappelle que l’art des jardins est aussi une histoire de regard qui exige une grande maîtrise de la géométrie et des éléments naturels. Paradisiaque.

Jardins d’Orient, de l’Alhambra au Taj Mahal

Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, Paris-5e, www.imarabe.org

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°692 du 1 juillet 2016, avec le titre suivant : Un paradis entre ombre et lumière

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