Vendredi 14 décembre 2018

Roubaix (59)

Un panorama de l’art urbain

La Condition publique jusqu’au 18 juin 2017

Par Stéphanie Lemoine · L'ŒIL

Le 13 avril 2017 - 332 mots

Comment résumer quarante ans d’art urbain sur 1”‰500 m2 ? Comment jouer la porosité entre rue et espace d’expositions, et tracer les contours d’un mouvement foisonnant, protéiforme et international”‰?

Il fallait toute l’expérience de Magda Danysz pour relever sans faux pas le défi d’un tel panorama. À La Condition publique, la galeriste parisienne rassemble dans la halle B et sur les façades du bâtiment, mais aussi dans le tout proche quartier du Pile, les toiles, installations, archives photographiques et œuvres in situ d’une cinquantaine d’artistes. Ce faisant, elle esquisse une histoire qui court de Taki 183 et Cornbread à Swoon et Vhils, et n’oublie ni la scène roubaisienne (SA crew, Des friches et des lettres…), ni les artistes soutenus par sa galerie (l’Atlas, JR, Ludo…). Si Gérard Zlotykamien et Jacques Villeglé ont été placés au seuil du parcours comme autant de figures tutélaires, c’est le graffiti writing [écriture] né à la fin des années 1960 à New York et à Philadelphie qui ouvre l’exposition. Par leur usage de la bombe aérosol, leur relation à la ville, à l’illégalité, à la culture de masse ou encore au marché, les œuvres de Crash, Lady Pink, Futura, West, Seen ou Quik qui jalonnent la première partie de « Street art génération(s) » forgent les origines du mouvement et annoncent à bien des égards les sections suivantes. À partir de ce tronc commun, l’accrochage déploie ensuite toute la diversité des expressions contemporaines estampillées « street art », et aborde pêle-mêle pochoir (Blek, Miss.Tic…), calligraphie (l’Atlas, Tarek Benaoum), photographie (JR), installations (Katre), mosaïque (Invader) ou affiches (Shepard Fairey, etc.)... N’y manque pas même le zeste de scandale qui assimile l’art urbain à une heureuse irrévérence : avant même l’ouverture au public de l’exposition, un collage pacifiste et écologiste de Ludo sur une façade du Pile dressait contre lui certains habitants du quartier, qui lui reprochaient... sa violence. La polémique venait ainsi pointer tout ce qui sépare les contraintes de la rue des conventions muséales, et rappelait que l’art urbain est un formidable révélateur de son environnement…

« Street art génération(s) : 40 ans d’art urbain »

La Condition publique, 14, place du Général-Faidherbe, Roubaix (59), www.laconditionpublique.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°701 du 1 mai 2017, avec le titre suivant : Un panorama de l’art urbain

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