Mercredi 14 novembre 2018

Udo Kittelmann ou l’importance de collectionner

Après Jean-Christophe Ammann, le nouveau directeur du Musée d’art moderne de Francfort se veut plus classique

Le Journal des Arts

Le 10 janvier 2003 - 489 mots

Désormais dirigé par Udo Kittelmann, le Musée d’art moderne de Francfort vient de rouvrir ses portes. Son nouveau directeur propose sous le titre \"Le musée, la collection, le directeur et ses passions\" une exposition qui marie des œuvres de la collection permanente de l’institution et des prêts, dans une approche muséale qui se veut \"classique\".

FRANCFORT - “Le musée, la collection, le directeur et ses passions”, tel est le titre à la Peter Greenaway de l’exposition qui célèbre la réouverture du Musée d’art moderne de Francfort. En effet, au début de l’année 2002, Udo Kittelmann a succédé à Jean-Christophe Ammann à la direction de l’institution.
L’exposition, ouverte jusqu’au 16 mars, inclut des œuvres qui vont de Duchamp au pop art (Andy Warhol, John Chamberlain), de la vidéo (Aernout Mik, Marcel Odenbach, Christian Jankowski) aux installations (Bruce Nauman, James Turrell, Gregor Schneider), à la peinture (Gerhard Richter, Robert Ryman) et à la photographie (Jeff Wall, Thomas Ruff) en passant par l’incontournable Joseph Beuys. L’exposition comprend aussi des œuvres d’Arman, de Pierre Bismuth, de Bernard Frize ou d’Yves Klein. Aux côtés de pièces faisant partie des collections permanentes se trouvent de nouvelles acquisitions dont A Life (Black & White), de Nedko Solakov, déjà vu à la Biennale de Venise ; Judy’s Bedroom, de David Reed, et Lichtwand, de Carsten Höller, pièce composée d’une centaine d’ampoules clignotantes à la lumière aveuglante. Le propos de cette exposition, comme son titre le suggère, est de conjuguer l’histoire du musée et de ses collections avec le goût et les passions de son nouveau directeur. Contrairement à Jean-Christophe Amman qui, dans sa série d’expositions “Changement de scène” privilégiait un type de présentation dynamique et peu muséal, l’organisation et les choix de Kittelmann sont plus classiques et traversés par l’idée du musée académique. Par exemple, la spectaculaire Chambre pour enfants de Hans-Peter Feldmann, remplie d’objets choisis et rassemblés par l’artiste, reprend avec ironie et légèreté le sens (et le non-sens) d’accumuler les objets et de collectionner. L’intention de Kittelmann est de valoriser et rendre accessible les collections du musée à travers une approche pluridisciplinaire et en privilégiant l’expérience directe avec les œuvres. Les toilettes pour femmes accueillent ainsi une œuvre de Pipilotti Rist, tandis qu’On Karawa a conçu à l’intérieur même du musée une pièce dans laquelle l’on peut fumer. Pour Udo Kittelmann, “l’accrochage actuel met l’accent sur l’importance et le devoir de collectionner pour un musée, et rend visible aux visiteurs le processus de croissance de l’institution. À la différence de la Kunstverein ou de la Kunsthalle, qui sont privées de collections puisque étant des lieux d’expérimentation artistique et de présentation des tendances plus novatrices, un musée de ce calibre ne peut s’abstenir de réfléchir sur ses collections et sur son histoire.”

LE MUSÉE, LA COLLECTION, LE DIRECTEUR ET SES PASSIONS, jusqu’au 16 mars, Musée d’art moderne, 10 Domstrasse, Francfort, tél. 49 69 212 304 47, www.mmk-frank furt.de, tlj sauf lundi 10h-17h et 20h le mercredi.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°162 du 10 janvier 2003, avec le titre suivant : Udo Kittelmann ou l’importance de collectionner

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