Dimanche 25 octobre 2020

Lyon (69)

Truphémus le temps de la peinture

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 18 mai 2012 - 364 mots

La peinture de Truphémus (né en 1922) ne s’épuise pas au premier regard, ni au second. Il faut se donner le temps de découvrir cette riche rétrospective de cent dix tableaux s’échelonnant de 1951 à 2011, des paysages, des portraits, des natures mortes et des intérieurs d’ateliers et de cafés.

Et même au bout de plusieurs heures, quand on quitte les lieux, on peut encore avoir le sentiment que cela vaut certainement la peine de revenir, qu’il y a encore à voir...
Normal, Truphémus est un artiste qui prend le temps. Le temps de ne faire que ce qui est important : attendre, regarder, penser et peindre sans autres contraintes que celles qu’il s’impose, tranquillement, fortement. Il aime se retirer chaque été dans sa maison des Cévennes durant quatre mois. Il entasse dans son congélateur de quoi se nourrir sans sortir et ne voit plus personne. Ni téléphone ni mails. Il lui importe d’être seul, distrait par la seule marche du temps, et de peindre. « Je trouve dans les Cévennes un silence et une solitude qui me sont nécessaires. Environné de verdure et d’espace, je passe la plus grande partie de la journée à l’atelier pour des séances de peinture quotidienne de plus de six heures d’affilée », dit-il.

Une image m’est venue à l’esprit alors que je déambulais au milieu des nombreuses toiles présentées à Lyon. Celle d’un arbre fruitier, d’un pommier par exemple, qui produit des pommes, parce que c’est tout simplement dans sa nature. Truphémus n’est pas un pommier, c’est un peintre : il produit des toiles parce que c’est dans sa nature, avec une grande simplicité, beaucoup de métier et une magistrale plénitude. Chacune de ses toiles n’est pas grand-chose au premier regard, un peu de matière colorée déposée sur du tissu blanc. Et chacune de ses toiles est précieuse : la cristallisation de quelque chose d’indicible, d’invisible à l’œil nu, d’invisible sans l’esprit, un petit fragment de lumière posé sur un petit fragment d’univers. L’essentiel. Comme une icône profane.
Dernière chose importante : Truphémus est aussi un immense coloriste !

« Truphémus. Les trois lumières 1951-2011», Le Plateau,hôtel de Région Rhône-Alpes, 1, esplanade François- Mitterrand, Lyon (69), www.rhonealpes.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°647 du 1 juin 2012, avec le titre suivant : Truphémus le temps de la peinture

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