Trois regards, trois passeurs

Par Bérénice Geoffroy-Schneiter · L'ŒIL

Le 27 octobre 2008

C’est un épisode de l’histoire du design relativement peu connu, mais qui éclaire d’un jour nouveau l’avènement des avant-gardes des deux côtés de l’océan.

Loin de se fermer aux influences étrangères, le Japon de la première moitié du xxe siècle n’a pas hésité à inviter trois grands créateurs occidentaux pour qu’ils réfléchissent à la réalisation de produits destinés à l’exportation. Mais au-delà de cette initiative officielle, des liens se sont noués entre artistes et penseurs des deux horizons, fécondant de façon réciproque les travaux des uns et des autres.

Le voyage au Japon de Charlotte Perriand
C’est ainsi l’architecte allemand Bruno Taut, qui, fuyant le nazisme, découvre à Kyoto en 1933 l’architecture inspirée de la villa Katsura, quintessence, selon lui, de « la beauté japonaise ». C’est aussi la jeune Charlotte Perriand, qui fait quasiment œuvre d’ethnologue en arpentant le pays en 1940-1941 pour y étudier, en compagnie de Soetsu Yanagi et de son fils Sori, les foyers artisanaux des différentes provinces. On sait l’impact considérable qu’aura l’esthétique du Japon sur les créations futures de la condisciple de Le Corbusier. Enfin, Américain par sa mère mais Japonais par son père, Isamu Noguchi tentera la synthèse idéale entre ses deux cultures. Primitives et cosmiques tout à la fois, ses sculpturales lampes de papier sont bel et bien devenues des icônes du design international…

À lire : Jacques Barsac, Charlotte Perriand et le Japon : un demi-siècle de dialogue, Éditions Norma, 336 p., 530 ill., septembre 2008, 49 euros

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°607 du 1 novembre 2008, avec le titre suivant : Trois regards, trois passeurs

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