Artisanat d'art

Paris-3e

Tout un éventail

Musée Cognacq-Jay Jusqu’au 2 mars 2014

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 17 janvier 2014 - 329 mots

Une très grande majorité de femmes est présente à cette exposition, « Le Siècle d’or de l’éventail », du Musée de Cognacq-Jay. Un peu d’indifférence sexiste peut-être de la part des hommes.

Il est vrai que l’éventail est attaché à la féminité et à la séduction. Avant d’accessoiriser les tenues des élégantes, son usage attesté dès l’Antiquité était simplement celui d’un outil à éventer ou d’un chasse-mouches en feuilles de végétaux. Soumis aux caprices de la mode, il se renouvellera sans cesse jusqu’à devenir sous le règne de Louis XIV l’attribut indispensable d’une élite. Au-delà de sa fonction première qui est de rafraîchir, un éventail a divers autres usages : il sert à se protéger du soleil, à masquer une gêne, à dissimuler un sourire… parfois gâté ! Prolongement du bras, il amplifie le geste, le mouvement. Mais plus encore, par les images qu’il véhicule, il est l’ambassadeur de celui qui le porte : ouvrir son éventail en société permet de révéler, par la qualité de l’objet, son statut social, mais aussi de dévoiler une intention. Car tout peut être représenté sur un éventail : les scènes galantes, la mythologie comme la religion, des faits d’actualité, des événements de la vie quotidienne ou ceux de la Cour. Étonnamment, ces ravissants et fragiles petits objets ne comportent pas de signature. Vraisemblablement en raison de l’intervention de plusieurs spécialités.

Les noms de grands artistes sont cependant attachés à l’éventail : Watteau, Boucher, Natoire, Lafage ont dessiné des feuilles à l’usage des peintres en éventail et des œuvres de Le Brun, Coypel ou Lancret ont bénéficié d’une diffusion importante sur cet objet. Les soixante-dix œuvres qui s’offrent au regard du visiteur dans l’écrin idéal de ce Musée du XVIIIe  sont des sommets de raffinement et de maîtrise artistiques. La qualité des compositions comme les riches montures en argent, en écaille blonde incrustée d’or ou en nacre, rehaussées parfois de pierres précieuses laissant deviner leur provenance prestigieuse rend hommage au savoir-faire des éventaillistes, essentiellement parisiens, et à leur inventivité.

« Le Siècle d’or de l’éventail. Du Roi-Soleil à Marie-Antoinette »,

Musée Cognacq-Jay, Paris-3e, www.cognacq-jay.paris.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°665 du 1 février 2014, avec le titre suivant : Tout un éventail

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