Mercredi 20 février 2019

Toujours Moore

Un hommage au sculpteur à Nantes

Le Journal des Arts

Le 1 mai 1996 - 450 mots

Dessins, plâtres et tailles directes sont au menu de cet hommage au sculpteur Henry Moore, dont l’influence sur l’art moderne en Angleterre est restée considérable. En collaboration avec la fondation qui porte son nom, un contact de première main avec le travail de la matière.

NANTES - Deux ans avant la célébration du centenaire de sa naissance, le Musée des beaux-arts de Nantes rend hommage à Henry Moore avec une exposition singulière, et d’autant plus intéressante qu’elle confronte le spectateur avec la toute première phase du processus de création. Il s’agit en effet d’œuvres originales dans le plein sens du terme, puisque les plâtres portent évidemment la trace de l’instinct même de l’artiste et livrent bien plus qu’un simple témoignage documentaire. Moore mit quelque temps avant de réaliser l’intérêt qu’ils présentaient en eux-mêmes, et dès la fin des années cinquante, il commença à les préserver de la destruction.

Maquettes et projets
Ceux-ci n’étaient en effet que le premier stade de la réalisation de l’œuvre qui allait connaître une métamorphose dans le bronze ou, pour les sculptures monumentales, un changement d’échelle. "Tout ce que je fais est prévu pour être grand, écrivait-il, et quand je travaille sur les maquettes, elles sont pour moi grandeur nature. Lorsque j’en prends une dans la main, je la vois et la ressens comme si elle était grandeur nature." S’il nie ainsi les obstacles du passage du projet à sa réalisation, le spectateur trouvera en revanche un intérêt considérable à mesurer le chemin parcouru et à tenter de comprendre comment la forme pouvait, dans son esprit, connaître l’expansion sans dommage.

Les tailles directes satisferont pareillement la curiosité qui porte sur la question de l’intention et de sa concrétisation. "Pour moi, la taille directe est devenue une religion. J’aime l’idée de partir d’un bloc et de trouver la sculpture qu’il renferme. Seuls une détermination absolue et un travail acharné peuvent venir à bout de la résistance du matériau." C’est en quelque sorte dans l’atelier même de l’artiste que nous sommes invités à pénétrer. Il va sans dire que cette exposition, organisée en collaboration avec la Kunsthalle de Mannheim et le British Council, n’aurait pu voir le jour sans le concours de la Fondation Henry Moore, qui y a largement contribué en prêtant de nombreuses œuvres. Un catalogue très complet est publié en trois langues et, outre les aspects techniques, s’intéresse de près à certains aspects thématiques de l’œuvre. Projections de films, conférences et débats sur l’influence de Moore aujourd’hui ponctueront cette célébration.

HENRY MOORE, L’EXPRESSION PREMIÈRE, Musée des beaux-arts de Nantes, du 3 mai au 2 septembre. Ouvert tlj sauf le mardi de 10h à 18h, nocturne le vendredi jusqu’à 21h. Catalogue, éd. Prestel/RMN, 212 p., 390 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°25 du 1 mai 1996, avec le titre suivant : Toujours Moore

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