Mercredi 17 octobre 2018

Telemaco Signorini n’est plus honni

Grande rétrospective du peintre à Florence

Le Journal des Arts

Le 1 mars 1997 - 429 mots

La première grande exposition consacrée à Telemaco Signorini (1835-1901) présente l’intégralité d’une œuvre souvent négligée en raison de sa complexité et de son éclectisme, et appelle à une réévaluation de son importance dans la peinture italienne du XIXe siècle.

FLORENCE - La monographie consacrée à Telemaco Signorini par Piero Dini, en 1987, la première de cette ampleur depuis 1926, proposait une réévaluation critique de son œuvre et semble avoir porté ses fruits. Le Palais Pitti, à Florence, présente une exposition rassemblant cent trente peintures, pour la plupart de grand intérêt, et une quarantaine de dessins et d’eaux-fortes. Signorini apparaît ici comme l’un des représentants majeurs de la peinture italienne du XIXe siècle, l’un des trois grands maîtres italiens du Tachis­me, avec Fattori et Lega, bien qu’il ait toujours été moins reconnu que ces derniers. Il eut également une grande influence sur les peintres toscans proches de ce mouvement. Artiste militant, Signorini était également passionné de littérature et a d’ailleurs débuté en écrivant des articles sur l’art pour la revue La Nuova Europa. Il est aussi l’auteur d’essais qui témoignent de son implication dans le mouvement tachiste, à la fois en tant que peintre et théoricien.

La production picturale de Signorini est dévoilée ici en dix sections chronologiques. Elle débute par les années tachistes (1856-1861), et les expériences menées autour de ce langage basé sur les accentuations du clair-obscur. Les œuvres réalisées pendant son séjour à Casti­glioncello, en 1861, illustrent son étude du dessin et de la lumière. Viennent ensuite ses pièces de jeunesse, influencées par la seconde guerre d’indépendance et ses sujets militaires, puis la période Piagentina où il se rapproche stylistiquement de Lega. La cinquième section présente son ouverture au Naturalisme européen, sa curiosité pour les innovations au-delà des Alpes (1875-1880). Il a également peint des vues de villes italiennes, des paysages de France, d’Angleterre et d’Écosse, où il voyagea après l’essoufflement puis la division du groupe tachiste. À Paris, au contact de Boldini, de De Nittis et du Naturalisme européen, il s’est essayé à la peinture de rue, avant de s’adonner aux paysages de Settignano et de Florence, visions très poétiques marquant la maturité du peintre. La dernière partie de l’exposition présente enfin un important ensemble de dessins et d’esquisses. Ce parcours permet de mettre à jour l’évolution complexe de Signorini, reprenant avec un raffinement d’un grande intensité les plus récentes révolutions artistiques internationales, notamment le mouvement impressionniste dont il fut à l’époque l’un des rares à percevoir l’importance.

SIGNORINI, jusqu’au 27 avril, Palazzo Pitti, Galleria Palatina, Florence, tél. 55 23 88 611, tlj sauf lundi 9h-14h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°34 du 1 mars 1997, avec le titre suivant : Telemaco Signorini n’est plus honni

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