Mercredi 19 décembre 2018

Tal-Coat

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 juillet 2006 - 344 mots

Si, en 1927, lors de sa première exposition personnelle à Paris, Tal-Coat (1905-1985), de son vrai nom Pierre Jacob, décide de prendre un tel pseudonyme – Tal Coat signifie « Front des bois » en breton –, c’est qu’il veut affirmer ses origines. Sinon dire la relation intime qu’il entretient à la nature. En témoigne aussi au cours des années 1930 son adhésion au groupe des Forces nouvelles, lesquelles revendiquent un contact fervent avec celle-ci.
Après une première période classique, encore figurative quoique très dépouillée, ponctuée tant de portraits et d’autoportraits que de paysages, Tal-Coat développe un art aux motifs moins identifiables pour réaliser des tableaux davantage informels. Sa rencontre avec le philosophe Henri Maldiney et le poète André Du Bouchet l’amène à un tournant décisif. Il prend note d’impressions, d’états, de sensations captées dans l’urgence qu’il retranscrit ensuite dans des toiles traversées de signes, lignes, ponctuations où le contact avec la nature rejoint la quête de l’essentiel.
Au tournant de 1960, il s’installe en Normandie, à Doarmont, sur un coteau proche de la vallée de la Seine, où il restera jusqu’à la fin de sa vie. C’est à cette époque, qui fut tout à la fois radieuse et puissante, que s’attache l’exposition toulonnaise. L’artiste y montre un intérêt appuyé pour tout ce qui est Mouvements d’eau, Signes, Passages, Vols, Troupeaux, Colzas... Il multiplie les petits formats dont il fait éclater la couleur dans une matière fluide et fraîche.
Tal-Coat voulait, affirmait-il, « ouvrir, laver, éclairer » ses toiles, ce à quoi l’entraînait irrésistiblement la pratique de l’aquarelle à laquelle il s’adonnait de façon intense. « Tout ce qui touche à Tal-Coat est primitif », disait de lui Maldiney. Quelque chose d’élémentaire du moins est à l’œuvre chez lui ainsi qu’en témoigne la totale liberté de ses dessins au lavis. La force des signes qui les anime égale hautement l’éclat de la matière colorée de ses peintures.

« La Couleur de Tal-Coat », hôtel des Arts, Centre méditerranéen d’art, 236, bd du Général-Leclerc, Toulon (83), tél. 04 94 91 69 18, jusqu’au 3 septembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°582 du 1 juillet 2006, avec le titre suivant : Tal-Coat

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