Mercredi 21 février 2018

Sortir de l’ombre

À Nîmes et à Dôle, des musées explorent leurs fonds

Le Journal des Arts

Le 13 août 2008

Le Musée des beaux-arts de Nîmes poursuit l’exposition de son fonds de dessins en présentant une trentaine de feuilles, du XVIe au début du XIXe siècle. Animés par le même souci de faire connaître leurs richesses, deux musées de Franche-Comté ont rassemblé, pour accompagner la publication d’un catalogue, une soixantaine de tableaux flamands et hollandais sélectionnés dans les collections publiques de la région.

NÎMES/DOLE - À l’image de l’arc de triomphe antique à demi enfoui représenté sur une feuille d’Herman Van Swanevelt, la collection de dessins du Musée des beaux-arts de Nîmes, longtemps négligée, révèle peu à peu ses richesses. Faisant suite à une première présentation, en 1994, cette exposition révèle des œuvres remarquables, tant pour leur intérêt esthétique qu’historique.

L’histoire avait mal commencé. En raison des carences de la conservation à la fin du XIXe siècle, on ignore encore aujourd’hui la date d’entrée de ce fonds dans les collections et l’identité du donateur. En revanche, la connaissance des œuvres progresse : en vue de l’exposition, les feuilles choisies ont été systématiquement étudiées, permettant de réviser quelques attributions ou d’en confirmer d’autres. Ainsi, dans le sillage du catalogue raisonné des dessins de Poussin par Prat et Rosenberg, nombre d’œuvres qui lui étaient anciennement données ont été rendues à Nicolas Mignard d’Avignon, frère de Pierre, tandis que Femme et enfant pleurant se tenant par la main attribué à Nicolas – “un des dessins les plus touchants de la collection”, selon Alain Chevalier, commissaire de l’exposition – était redonné à Pierre. Grâce à une gravure, il a été identifié comme une étude préparatoire pour un tableau perdu, la Peste d’Égine, que son auteur avait conçu comme un pendant païen à la Peste d’Asdod de Poussin.

À côté des Vouet, Van Dyck, Watteau et autres Boucher, quelques dessins anonymes, comme cette maniériste Rencontre de David et Abigaïl par un artiste flamand du XVIe, sont autant de bonnes surprises qu’une publication permettra peut-être d’attribuer.

Les maîtres originaires de la région, Natoire, Subleyras et Dandré-Bardon figurent naturellement en bonne place, avec une mention spéciale pour ce dernier. Deux feuilles que tout oppose témoignent de la variété de son inspiration, entre le baroque Évêque en gloire à la sanguine et le ténébreux Caïn et Abel brossé dans un sombre lavis.

Flamands et Hollandais
En Franche-Comté, une même ambition de faire connaître des collections de qualité et de mener à bien une étude scientifique trop longtemps différée anime les musées de Dole (Jura) et de Gray (Haute-Saône). Ils ont unis leurs efforts pour présenter une soixantaine de tableaux flamands et hollandais provenant des collections publiques de la région et se sont partagés les genres : à Dole, la peinture d’histoire (Bruegel le Jeune, Wouters), les portraits (Jordaens) et les natures mortes (Van Boucle, Gysbrechts) ; à Gray, les paysages (Berchem, Salomon van Ruysdael) et la peinture animalière (Kessel, Savery), avant que l’ensemble ne soit exposé à Besançon en mars. Ces distinctions sont peut-être un peu artificielles, tant certains artistes se plaisent à mêler les genres, mais l’essentiel n’est pas là. La publication du catalogue raisonné, prétexte à cette exposition, vient rappeler la mission première des musées : la diffusion de la connaissance.

- DE VASARI À BOUCHER, DESSINS CHOISIS DE LA COLLECTION DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS, jusqu’au 4 avril, Musée des beaux-arts, rue Cité-Foulc, 30000 Nîmes, tél. 04 66 76 35 70, tlj sauf lundi 11h-18h. Catalogue, éd. Nîmes Musées/Actes Sud, 96 p., 30 ill. coul., 96 F. - PEINTURES FLAMANDES ET HOLLANDAISES DES XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES DANS LES COLLECTIONS PUBLIQUES DE FRANCHE-COMTÉ, jusqu’au 28 février, Musée des beaux-arts, 85 rue des Arènes, 39100 Dole, tél. 03 84 79 25 85, tlj sauf lundi 10h-12h et 14h-18h ; et Musée Baron Martin, 6 rue Pigalle, 70100 Gray, tél. 03 84 64 83 46, tlj sauf mardi 14h-18h. Catalogue, éd. RMN, 360 p., 72 ill. coul., 360 ill. n&b, 280 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°75 du 22 janvier 1999, avec le titre suivant : Sortir de l’ombre

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