Jeudi 13 décembre 2018

Art africain

Salon de parures

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 21 novembre 2003 - 347 mots

L’art de la coiffure s’expose au Musée Dapper avec des pièces originaires d’Afrique noire.

 PARIS - En Afrique, l’art d’orner et de magnifier le visage suscite les coiffures les plus audacieuses. Les sculpteurs s’attachent, depuis la nuit des temps, à les reproduire dans leurs masques, statues et objets rituels. À travers une centaine de pièces originaires du Cameroun, du Burkina Faso, du Nigeria, de Côte d’Ivoire ou du Gabon, le Musée Dapper, à Paris, met en exergue le langage symbolique de ces véritables « parures de têtes ». Délicatement éclairées, les œuvres se révèlent aux visiteurs dans leurs moindres détails. Certaines pièces comme le masque-heaume Makonde (Mozambique/Tanzanie) ou le masque Bété (Côte d’Ivoire) comportent de vrais cheveux, d’autres, tels certains masques Yoruba (Nigeria), témoignent de techniques de tressage très élaborées. La coiffure peut refléter une personnalité, un sentiment, ou indiquer l’appartenance à un peuple. À l’inverse des scarifications, irréversibles, elle peut s’adapter au quotidien, aux rituels ou aux modes. Chez les Kongo, les cheveux défaits signalent un décès dans la famille, tandis que pour certaines sociétés de Sierra Leone, plus la coiffure est insolite et compliquée, plus la femme est considérée comme attirante.
Les statues du peuple Baoulé et celles des Dan (Côte d’Ivoire) sont d’une grande diversité : à l’image des sculptures en bois et métal présentées, les cheveux peuvent être coiffés en un seul croissant transversal (d’un côté à l’autre de la tête) ou se diviser en plusieurs crêtes pour se terminer par un chignon. Les Fang (Afrique centrale côté Atlantique), quant à eux, sont réputés pour leurs coiffures amovibles ou artificielles : casques-perruques, calottes en fourrures d’animaux, bonnets ou chapeaux. Mais c’est peut-être chez les Yoruba d’Afrique de l’Ouest que la tête et ses ornements jouent le rôle le plus important dans la pensée et les pratiques culturelles. « Que ma tête extérieure ne déshonore pas ma tête intérieure », dit ainsi une prière populaire.

Parures de têtes

Jusqu’au 11 juillet 2004, Musée Dapper, 35 rue Paul-Valéry, 75116 Paris, tél. 01 45 00 01 50, tlj sauf lundi et mardi 11h-19h. Catalogue, 395 p., 28 euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°181 du 21 novembre 2003, avec le titre suivant : Salon de parures

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