Mercredi 17 octobre 2018

Saint-Pétersbourg, les fastes d’une ville impériale

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 septembre 2004 - 391 mots

Venus du nord, trois cents objets projettent sur les bords de la Méditerranée, à Monaco, les fastes d’une fabuleuse cité voulue par les tsars. Les prêts ont été consentis par deux musées, l’Ermitage et l’Académie des beaux-arts. Tout se joue en un siècle, depuis la décision de Pierre le Grand de construire un port sur la Neva en 1703 jusqu’à la mort de la Grande Catherine en 1796. Le point de départ est l’évocation de la sainte Russie, nourrie de foi orthodoxe évoquée par les portes du monastère de Simonov, et une étrange lumière aux reflets d’or. Le tsar Pierre Ier au contraire fait figure de réformateur et de scientifique. Ce grand voyageur, qui a rapporté de Paris des tapisseries des Gobelins, veut tout savoir, et sa curiosité se reflète dans son cabinet de travail reconstitué. Ayant compris que la Russie a besoin d’un port sur la Baltique, il le fait surgir des immenses marécages de l’estuaire de la Neva ; le port deviendra une capitale que sa fille Élisabeth pare de palais. La fin du siècle est dominée par la forte personnalité de Catherine II dont un portrait évocateur fait revivre le visage énergique. Amie et correspondante de Voltaire, d’Alembert et Diderot, elle offre à ses (nombreux) favoris de somptueux palais. Des peintures et gravures fixent l’image de la capitale dessinée par les grands architectes du temps, Rastrelli au monastère de Smolny, Rinaldi pour l’église Saint-Isaac, Vincenzo Brenna pour le château Saint-Michel. L’exposition recrée l’univers de la souveraine au palais d’hiver, les luxueux objets, porcelaines et argenterie, mobilier en acier de Toula destinés à des réceptions « sans façons » de ses amis et admirateurs. Ont-ils bu dans cette chope avec décor de pièces de monnaie en argent et dorure ? Un Code de conduite pour les visiteurs invitait chacun à se comporter de manière civilisée sans abus d’alcool ! Tous pouvaient alors contempler une collection de peintures qui révélait un amateur éclairé, une souveraine capable d’apprécier Van Dyck, Véronèse, Titien, Watteau, le Lorrain, Poussin. Certaines de ces prestigieuses toiles sont exposées à Monaco ; Poussin et le Lorrain ont retrouvé la lumière méditerranéenne.

« Impérial Saint-Pétersbourg, de Pierre le Grand à Catherine II », MONACO, Grimaldi forum, 10 avenue Princesse Grâce, espace Ravel, tél. 377 99 99 21 00, 17 juillet-12 septembre. Catalogue en français et anglais, diffusion Le Seuil.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°561 du 1 septembre 2004, avec le titre suivant : Saint-Pétersbourg, les fastes d’une ville impériale

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