Jeudi 12 décembre 2019

Rodin à l’œuvre

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 24 juin 2009 - 359 mots

Le Musée Rodin éclaire les méthodes de travail du maître de Meudon.

PARIS - La première œuvre conservée d’Auguste Rodin est un buste de son père. Le premier d’une longue série de portraits sculptés, dont le maître s’était fait une spécialité. Ont suivi des œuvres commandées par des couples de bourgeois, parisiens et internationaux, des politiques, mais aussi des hommages parfois posthumes à des monuments de la littérature, dont certains, on le sait, ont moyennement plu. Avec « La Fabrique du portrait », le Musée Rodin, à Paris, propose une synthèse de cet aspect peu représenté de l’œuvre de Rodin et livre un exemple classique d’une exposition maison destinée à valoriser ses collections. Se penchant sur l’approche et les solutions plastiques empruntées par le sculpteur, le musée en profite pour ressortir des pièces restaurées dont certaines n’ont jamais été dévoilées au public.
En 1847, Honoré Daumier parachevait l’une de ses irrésistibles caricatures de la légende suivante : « Les Bons Bourgeois : M. Filochard, ex-marchand, retiré des édredons, éprouve le besoin de faire passer son buste en marbre à la postérité la plus reculée. » La présente exposition n’est pas une étude sociologique sur l’importance qu’avait revêtue le portrait au XIXe siècle, elle en est le reflet. Or Rodin n’est pas l’artiste idéal pour brosser ses clients dans le sens du poil. S’il travaille à partir de dessins ou de photographies lorsque son modèle n’est pas disposé à poser, le sculpteur n’est pas pour autant obnubilé par la ressemblance. Au contraire, rendre avec véracité un visage relève d’un travail académique qui ne l’intéresse pas. Certes, il est allé jusqu’à employer des sosies (de Balzac et de Baudelaire) pour certains de ses bustes posthumes, mais comme de nombreux peintres avant lui, le sculpteur s’est avant tout appliqué à saisir l’âme de son modèle. En trois étapes parfaitement articulées, cette démonstration est faite avec la clarté et le didactisme qui caractérisent les expositions du Musée Rodin.

LA FABRIQUE DU PORTRAIT

- Commissaire : Aline Magnien, conservateur en chef au musée et responsable du service des collections
- Œuvres : 117 pièces en plâtre, terre cuite, bronze, marbre… photographies et œuvres sur papier

LA FABRIQUE DU PORTRAIT, RODIN FACE À SES MODÈLES

jusqu’au 23 août, Musée Rodin, 79, rue de Varenne, 75007 Paris, tél. 01 44 18 61 10, tlj sauf lundi 9h30-17h45, www.musee-rodin.fr. Catalogue coédité par le musée et Skira-Flammarion, 168 p., 170 ill. couleurs, 29,90 euros, ISBN 978-2-0812-2457-5

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°306 du 26 juin 2009, avec le titre suivant : Rodin à l’œuvre

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