Lundi 17 décembre 2018

Robert Malaval, rock attitude

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 novembre 2005 - 325 mots

À partir de 1973, Robert Malaval, artiste hors normes proche des Rolling Stones, s’entiche de paillettes. Le Palais de Tokyo revient sur cette période étincellante.

Mais qu’a donc de si spécial l’œuvre de Robert Malaval (1937-1980), artiste hors normes, dont la vie s’est arrêtée brusquement ? Étrange et atypique, le travail se scinde en deux ères bien distinctes. La première exposée au Palais de Tokyo se concentre sur les sculptures et tableaux-objets que Malaval réalisa au début des années 1960 sous le patronyme de L’Aliment blanc. Des univers oppressants aux confins de la science-fiction et de l’angoisse psychique qui tranchent singulièrement avec les années pop et picturales suivantes. C’est à la Biennale de Lyon que l’on retrouve ces toiles chromatiques et acidulées tandis qu’à Paris, l’exposition se concentre sur l’utilisation des paillettes à partir de 1973.
Ce proche des Rolling Stones s’éprend de ces poussières d’étoiles avec lesquelles il embrasse ses compositions, champs d’énergie et de folie flamboyants. Mais pourquoi « ressortir » aujourd’hui Robert Malaval, artiste rock à tendance punk dont le nihilisme l’a conduit au geste ultime, le suicide ? Si les toiles ne sont pas renversantes, c’est bien l’attitude de l’homme, ses positions radicales, underground, son goût pour mélanger rock et art, qui fascinent la jeune génération. À une époque de redécouverte du rock, de réincarnation de l’acte artistique, Malaval fait figure de modèle sombre. Il avait la manie de tout enregistrer, n’importe quel son ou bruit. Ce qui a inspiré Vincent Epplay, jeune artiste contemporain, qui a exploité cette matière sonore historique dans une bande-son pour le parcours du Palais de Tokyo. Comme un hommage, un juste retour.

« Robert Malaval, kamikaze », PARIS, Palais de Tokyo, 13 av. du Président Wilson, XVIe, tél. 01 47 23 38 86, www.palaisdetokyo.com, 8 octobre- 8 janvier 2006. Catalogue, Palais de Tokyo/Paris Musée, 44 euros. Malaval est à voir aussi à la Biennale de Lyon, site La Sucrière, jusqu’au 31 décembre 2005 (cf. p. 96).

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°574 du 1 novembre 2005, avec le titre suivant : Robert Malaval, rock attitude

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