Bâle (Suisse)

Revisiter une exposition vingt ans après

Fondation Beyeler jusqu’au 7 mai 2017

Par Vincent Delaury · L'ŒIL

Le 17 mars 2017 - 291 mots

Pour fêter les 20 ans de la Fondation Beyeler, inaugurée officiellement le 18 octobre 1997 par le couple de galeristes et de collectionneurs Ernst et Hildy Beyeler, trois expositions temporaires successives vont présenter cette collection d’exception sous trois aspects : passé, présent et avenir.

Conçue par le commissaire Raphaël Bouvier, la toute première (« Collection Beyeler. L’originale ») rend hommage aux fondateurs du musée en reconstituant l’accrochage inaugural de 1997. Occupant treize salles aérées et regroupant environ cent cinquante œuvres (au lieu des cent quatre-vingts de la manifestation originelle), le parcours offre aux visiteurs la possibilité de revoir, en focalisant sur le passé, tous les classiques du XXe siècle. Allant des impressionnistes annonçant l’art moderne (Cézanne, Monet, Seurat, Van Gogh) à un magnifique Ellsworth Kelly des années 2000 en passant par le cubisme, l’abstraction, l’expressionnisme abstrait américain et le pop art, les spectateurs découvrent non seulement une pléiade de chefs-d’œuvre, signés Picasso, Matisse, Mondrian, Warhol et autres Bacon, mais aussi un dialogue ouvert et intuitif entre peinture occidentale et art tribal ; des sculptures d’Afrique et d’Océanie s’invitent dans le circuit. Face à la cohérence de l’ensemble, témoignant d’un goût marqué pour la geste radicale et la grande économie de moyens, on ne peut que se rendre à l’évidence : les Beyeler, à la discrétion légendaire, étaient de vrais collectionneurs, sachant faire des choix plastiques audacieux. Dommage qu’il n’y ait pas de catalogue pour servir ce remix d’une exposition inaugurale qui, sans être mythique comme « Les magiciens de la terre » à Beaubourg (1989), a assurément le mérite d’avoir démarré avec brio l’aventure de la Fondation Beyeler.

Légende Photo

Claude Monet, Bassin aux Nymphéas, 1917-1920; Auguste Rodin, Iris, messagère des dieux, 1890-1891; Claude Monet, le pont japonais, 1918-1924, vue des collections permanentes de la fondation Beyeler © Photo : Mark Niedermann

« Collection Beyeler. L’originale »

Fondation Beyeler, Beyeler Museum AG, Baselstrasse 77, Riehen  (Suisse), www.fondationbeyeler.ch

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°700 du 1 avril 2017, avec le titre suivant : Revisiter une exposition vingt ans après

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