Amsterdam (Pays-Bas)

Rembrandt noir sur blanc

Rijksmuseum - Jusqu’au 10 juin 2019

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 28 mars 2019 - 305 mots

Pour lancer l’année commémorant le 350e anniversaire de la disparition de Rembrandt, le Rijksmuseum ose une exposition qui ne cède pas aux sirènes de l’événementiel.

Au lieu du blockbuster, compilant les chefs-d’œuvre issus des meilleures collections internationales auquel on aurait pu s’attendre pour assurer un retentissement médiatique maximum, l’établissement amstellodamois a, au contraire, pris le parti de se concentrer sur ses collections. Il faut dire qu’elles sont superlatives. Car, avec vingt-deux peintures, soixante dessins et mille trois cents gravures, le musée détient, et de loin, la plus riche collection au monde du génie du Siècle d’or. Pour cet anniversaire, il a choisi de réunir pour la première fois, et sans doute la dernière, tous ses tableaux et dessins du maître ainsi qu’un florilège de ses trois cents plus belles gravures dans une exposition d’anthologie. Un positionnement audacieux tant l’estampe pâtit aujourd’hui d’une piètre réputation auprès du grand public, en raison de sa reproduction sérielle. Un mauvais procès, a fortiori dans le cas de Rembrandt, puisque ce médium occupe une place absolument centrale dans sa production et que l’artiste a hissé cette pratique à un niveau inégalé de perfection et d’inventivité. Organisée en séquences thématiques, cette exposition-fleuve concentre ainsi une quantité vertigineuse de chefs-d’œuvre : les plus saisissants autoportraits de Rembrandt, ses captations intimistes de son épouse Saskia, mais aussi un festival de trognes observées dans la rue. Revigorante, la réunion de ces feuilles majeures aux atmosphères variées résume toutes les insolentes nouveautés impulsées par le dessinateur. Notamment son traitement réaliste et plein de vitalité de la figure humaine, son approche radicale de la lumière et du clair-obscur, sans oublier son talent pour orchestrer de grandes compositions qui bouleversent les codes de la dramaturgie, comme Les Trois Croix. En un mot comme en cent, cette plongée au cœur de l’univers du démiurge est un pur plaisir.

« Tous les Rembrandt »,
Rijksmuseum, Museumplein/Museumstraat 1, Amsterdam (Pays-Bas), www.rijksmuseum.nl

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°722 du 1 avril 2019, avec le titre suivant : Rembrandt noir sur blanc

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