Art moderne

Sayed Haider Raza

Raza flamboyant à Paris

Centre Pompidou, Paris-4e – Jusqu’au 15 mai 2023

Par Olympe Lemut · L'ŒIL

Le 27 mars 2023 - 325 mots

Art Moderne -  De Bombay à Paris en passant par Rome, Raza a accompagné toutes les avant-gardes picturales du XXe siècle, à la recherche d’une difficile synthèse esthétique.

Formé en Inde par des enseignants marqués par le colonialisme, il tente, dès ses premières œuvres, d’intégrer des éléments locaux aux techniques occidentales (aquarelle). Avec ses amis du PAG (Progressive Artists’ Group), il s’intéresse aux avant-gardes européennes, notamment à Cézanne. Ses principales influences sont « l’art contemporain français et l’expressionnisme allemand », selon ses propres mots. Arrivé à Paris au début des années 1950, Raza fréquente Fernand Léger et André Lhote, et produit des toiles aux couleurs ocre inspirées par les villages des Alpes-Maritimes, où l’influence de Bernard Buffet transparaît. Membre de l’École de Paris, Raza intègre la Galerie Lara Vincy. Il reçoit le Prix de la critique en 1956 et connaît un succès international. Grâce à la peinture au couteau qui donne du relief aux toiles, il creuse les vibrations chromatiques, à la manière de son ami Shafic Abboud. Les commissaires de l’exposition insistent sur son évolution vers « la géométrisation plutôt que l’abstraction », car ses paysages aux touches rouges et noires restent aux franges de la figuration. Au fil des décennies, Raza se tourne vers ses origines indiennes et intègre à ses toiles des inscriptions en hindi et des motifs de la peinture traditionnelle des XVIe et XVIIe siècles : il crée des « géographies sacrées », selon les commissaires, qui insistent sur la dimension spirituelle de sa pratique artistique. Sa série La Terre, composée de grandes toiles des années 1970, dévoile sa capacité à fragmenter le paysage avec des tonalités rouges et ocre, puisées dans son enfance indienne. Cette dimension spirituelle s’accentue dans les années 1980 avec des toiles géométriques où « les formes servent de support à la méditation », comme l’artiste le précise. Malgré les ressemblances formelles avec le mouvement New Age, Raza se défendait de suivre cette voie et revendiquait une approche syncrétique de l’esthétique. Une quête restée inachevée.

« Sayed Haider Raza (1922-2016) »,
Musée national d’art moderne, place Georges-Pompidou, Paris-4e, www.centrepompidou.fr

Thématiques

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°763 du 1 avril 2023, avec le titre suivant : Raza flamboyant à Paris

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque