Dimanche 17 novembre 2019

Libourne (33)

Prix Marcel-Duchamp un mariage à quatre réussi

Musée des beaux-arts et chapelle du Carmel jusqu’au 15 septembre 2013

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 26 juin 2013 - 365 mots

Encouragée par le succès de l’étape de feu le Centre Pompidou Mobile en 2012 – 48 000 visiteurs pour une ville de 25 000 habitants –, Libourne se rêve un avenir du côté de l’art contemporain.

Si l’idée n’est pas originale, elle fait néanmoins sens dans cette région où l’on peine à dégager une « capitale » de l’art actuel – fonction que Bordeaux n’assure plus vraiment. Forte de sa nouvelle ambition, la ville accueille donc cet été l’exposition des quatre nominés pour le prix Marcel-Duchamp 2013. Pour mémoire, le prix Duchamp récompense chaque année depuis 2000 un artiste français ou résidant en France. On compte parmi ses lauréats Mathieu Mercier, Tatiana Trouvé ou Laurent Grasso, et le prochain sera désigné (le 26 octobre à la Fiac) parmi les quatre artistes suivants : Farah Atassi, Latifa Echakhch, le collectif Claire Fontaine et Raphaël Zarka. Soit quatre noms très en vue de la scène actuelle.
On l’imagine aisément, l’exercice imposé de « l’exposition des nominés du Duchamp » n’est pas le plus facile pour son commissaire qui doit faire cohabiter quatre univers parfois très différents. À Libourne, Thierry Saumier, conservateur des musées, s’en sort pourtant honorablement, celui-ci ayant pris pour élément de rapprochement l’histoire – ancienne pour Zarka ou récente avec Claire Fontaine –, pour laquelle les quatre artistes témoignent d’un goût prononcé. Ainsi le rhombicuboctaèdre à vingt-six faces dont Kepler se servait au XVIe siècle pour définir le cosmos répond-il à la géométrie moderniste très « Mondrian » d’Atassi, et la reprise des caricatures de la « controverse Bricks » (violent débat sur l’art né en Angleterre en 1972 à la suite de l’achat par la Tate d’une sculpture minimaliste de Carl Andre) fait-elle écho à la réflexion sur la mémoire menée par Echakhch via ses pierres lithographiques.
Autant le dire, l’exposition est aride au premier abord, mais, pour qui veut faire l’effort de comprendre, grâce notamment à la médiation mise en place par le musée de Libourne, permet d’ouvrir une voie d’accès sur l’art contemporain. Avant, pourquoi pas, de faire ses pronostics sur le prochain lauréat du Duchamp. 

« Le prix Marcel-Duchamp à Libourne »

Musée des beaux-arts et chapelle du Carmel, Libourne (33), www.ville-libourne.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°659 du 1 juillet 2013, avec le titre suivant : Prix Marcel-Duchamp un mariage à quatre réussi

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