Mercredi 21 février 2018

Plus qu’une exposition, un « livre » d’histoire

Par Bérénice Geoffroy-Schneiter · L'ŒIL

Le 26 février 2008

« Vanité, tout n’est que vanité » semble nous dire, en guise de préambule à l’exposition, l’immense tête de mort signée de l’artiste indien Subodh Gupta, l’un des fleurons de la collection Pinault.

Car c’est bien sous le signe du fracas des armes et des convulsions de l’Histoire que se sont faits et défaits des dynasties, des empires, des religions...

Cerner l’émergence de l’identité européenne à travers des pièces venues de toute l’Europe
Embrassant tout le premier millénaire et couvrant un immense territoire allant de l’Europe du Nord au royaume des Vandales, en Tunisie, l’exposition constitue un immense défi en soi. À travers près de
deux mille œuvres (certaines modestes, d’autres spectaculaires et faisant parfois même figure de trésors nationaux dans leur pays d’origine), il s’agit ni plus ni moins de cerner l’émergence de l’identité européenne.
S’appuyant sur un collège de scientifiques et d’experts (dont Yann Rivière de l’École française de Rome), l’exposition offre ainsi l’occasion d’admirer des rassemblements inédits, comme ces magnifiques galeries de portraits romains (presque une exposition dans l’exposition !), ces pièces à peine sorties de fouilles archéologiques (tel le monumental pied en bronze de Clermont-Ferrand d’une facture incroyablement délicate), ou bien encore ces objets sacrés exceptionnellement retirés de leur écrin (comme le reliquaire hexagonal de Conques, ou le coffret de Teudéric présenté pour la première fois hors de l’abbaye de Saint-Maurice, en Suisse).
Véritable scansion dans le parcours, un ensemble de douze toiles du xixe siècle éclaire enfin le visiteur sur les vertus de la peinture dans le domaine de l’iconographie romantique, voire de la propagande ! Comme un clin d’œil aux livres scolaires de notre enfance aux accents IIIe République...
Un conseil cependant : aux visiteurs ayant quelque peu oublié les rudiments de « notre » histoire, la lecture du petit guide de visite accompagnant l’exposition s’avère un auxiliaire indispensable. Mais l’on peut tout aussi bien goûter, en « barbare », l’esthétique de ces fibules et autres reliquaires d’une force plastique inouïe.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°600 du 1 mars 2008, avec le titre suivant : Plus qu’une exposition, un « livre » d’histoire

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