Mardi 22 septembre 2020

Bavay (59)

Petite exposition pour grandes œuvres

Forum antique jusqu’au 30 août 2016

Par Virginie Duchesne · L'ŒIL

Le 19 avril 2016 - 281 mots

La parution des Mémoires d’Hadrien par Marguerite Yourcenar en 1951, c’est la rencontre entre deux monuments de l’histoire, entre un génie de la littérature saluée pour son œuvre et première femme entrée à l’Académie française et un empereur romain du IIe siècle de notre ère, figure de la sagesse antique.

Le Forum antique de Bavay les réunit pour tenter d’explorer les interpénétrations entre l’invention romanesque et les vestiges archéologiques du règne d’Hadrien. Mais, dans la petite salle réservée aux expositions temporaires, le parcours tente d’embrasser l’ensemble des aspects de sa vie d’homme et d’empereur abordés dans le livre : son œuvre de bâtisseur, son intérêt pour la médecine, son amour de la chasse, de la littérature, et celui pour son amant Antinoüs, en mémoire duquel il fait construire une ville. Sans démêler clairement ce qui tient du romanesque et ce qui tient de l’histoire. On remarque toutefois quelques belles pièces présentées, notamment la patère d’Amiens. Cette coupe à boire de prestige, en bronze émaillé, présente en motif six stations militaires du mur qu’érigea Hadrien en 122 pour protéger les terres conquises des Pictes, venus d’Écosse. Dans la section consacrée à sa passion pour la littérature, un encrier où figure Vénus et sept Amours représente un bel ouvrage d’orfèvrerie jouant sur quatre couleurs grâce au laiton, au cuivre, à l’or et à l’argent. Marguerite Yourcenar est de retour en fin d’exposition via la diffusion de son interview par Bernard Pivot en 1979 pour l’émission Apostrophes. On aurait mieux aimé comprendre les sources d’inspiration de l’écrivaine, les sources archéologiques de la vie d’Hadrien, ou encore la part de roman et de vrai. La rencontre entre les deux ne se fera pas cette fois.

La parution des Mémoires d’Hadrien par Marguerite Yourcenar en 1951, c’est la rencontre entre deux monuments de l’histoire, entre un génie de la littérature saluée pour son œuvre et première femme entrée à l’Académie française et un empereur romain du IIe siècle de notre ère, figure de la sagesse antique.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°690 du 1 mai 2016, avec le titre suivant : Petite exposition pour grandes œuvres

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