Mercredi 23 janvier 2019

Peinture italienne, histoire d’une collection

L'ŒIL

Le 1 mars 2003 - 420 mots

Il y a toujours un risque lorsqu’un musée organise une exposition à partir de sa propre collection. Simple réaccrochage des œuvres, sortie des réserves de tableaux sans grand intérêt ou événement créé artificiellement par une exposition temporaire qui, parfois, n’en est pas vraiment une, les tentations sont nombreuses pour attirer le public. Ici, rien de tout cela, mais un réel projet, celui de présenter dans son intégralité les collections de peintures italiennes du musée des Augustins. Et de revenir, par la même occasion, sur l’histoire de ce fonds. Initié lors de la saisie à Albi de la collection du cardinal de Bernis en 1794  avec une trentaine de tableaux, dont une vue du pont du Rialto à Venise de Francesco Guardi et la Sainte Famille de Jacopo Zucchi, ce fonds est complété la même année par une Sainte Famille du xviie siècle, de la main de Pietro Ricchi. Ce premier ensemble d’œuvres est augmenté par des saisies dans différentes églises et par les collections de l’Académie royale de peinture et de sculpture de Toulouse, qui ferma ses portes en 1793. Mais les principaux chefs-d’œuvre du musée proviennent de plusieurs dépôts de l’État au cours du XIXe siècle, avec, entre autres, un fragment de polyptyque de Pérugin, La Gloire de tous les saints et Le Martyre de saint Jean et saint Paul du Guerchin. Au XXe siècle, entrée d’un autre Guardi, Vue du Grand Canal, de toiles de Bernardo Strozzi et de Francesco Fontebasso, l’un des plus grands décorateurs de Venise. Suivront diverses donations, et en 1949, plusieurs œuvres de primitifs du musée Saint-Raymond sont transférées au musée des Augustins. Des peintures de Nuvolone, Benaschi et Reschi, issues de la collection Calvet, rejoignent l’institution en 1971. Selon un parcours chronologique, l’exposition organisée dans la chapelle entraîne le visiteur au cœur des différents foyers artistiques italiens, entre la Florence maniériste et la Rome baroque, entre Venise et Milan, Bologne et Naples..., embrassant toutes les époques et tous les styles du xive au xviiie siècle. Elle ne prétend évidemment pas constituer une histoire exhaustive de l’art italien mais en pose des jalons. Catalogue raisonné des œuvres italiennes du musée, l’ouvrage d’Axel Hémery publié à l’occasion de cette exposition est un outil de référence, tant pour l’histoire de l’art – en proposant de nouvelles attributions – que pour l’histoire des collections et de leur constitution.

TOULOUSE, musée des Augustins, 21 rue de Metz, tél. 05 61 22 21 82, www.augustins.org, 22 février-26 mai, cat. éd. musée des Augustins, 240 p., 170 ill., 36 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°545 du 1 mars 2003, avec le titre suivant : Peinture italienne, histoire d’une collection

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