Dimanche 9 décembre 2018

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Pascal Pinaud et l’art de l’emprunt

L'ŒIL

Le 1 juillet 2000 - 243 mots

« Il y a dans la production industrielle une efficacité toute visuelle due à un rapport trouvé entre la façon de fabriquer et les matériaux employés qui évoque pour moi une des beautés visibles dans le monde de la peinture. » Si les interférences entre les mondes de l’art et de l’industrie ne sont pas chose nouvelle, l’originalité de la démarche de Pascal Pinaud consiste à les envisager sur le mode de la logique interne et non plus de l’extériorité radicale. Quand il emprunte en effet à la marqueterie, à la fabrication de voiles ou encore au métier de carrossier des matériaux, des outils, des procédures et jusqu’aux gestes, c’est à la fois pour déplacer le tableau et la peinture vers d’autres situations et pour mieux en affirmer la cohérence absolue. Ainsi le résultat final, hésitant entre des effets picturaux abstraits et l’univers de la technologie, est-il déterminé par le choix du matériau et du mode de fabrication. Avec la série des Test’Art, Pinaud poursuit son exploration de la tôle automobile dans des photographies enregistrant couleurs d’origine et étapes successives de la réparation d’accidents de surface divers (éraflures…). Les Laques noires, quant à elles, représentent, à l’aide de matériaux industriels, des scientifiques posant à côté de leurs découvertes. Tour à tour carrossier et chercheur, praticien et créateur, Pascal Pinaud étend ainsi le champ de la peinture pour mieux y ramener et en fonder à nouveau l’unité.

SAINT-PAUL-DE-VENCE, galerie Catherine Issert, jusqu’au 15 juillet.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°518 du 1 juillet 2000, avec le titre suivant : Pascal Pinaud et l’art de l’emprunt

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