Jeudi 24 septembre 2020

Saint-Tropez (83)

Othon Friesz à bon port

Musée de l’Annonciade Jusqu’au 17 octobre 2016

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 18 août 2016 - 352 mots

Malgré une certaine renommée de son vivant, Othon Friesz reste aujourd’hui un artiste méconnu.

De sa production prolifique mais inégale, la fortune critique ne reconnaît que la très courte mais brillante période fauve, à savoir les œuvres anversoises de 1906 ou les paysages éblouissants exécutés à Cassis et à La Ciotat en 1907. C’est précisément sur cette période que le Musée de l’Annonciade a focalisé son intérêt pour son exposition estivale. Une exposition purement chronologique qui démontre à travers cent soixante toiles le cheminement qui le conduit à la radicalisation de sa peinture, puis, par les deux derniers tableaux, son glissement traditionnaliste. Pas de panneaux explicatifs dans les salles, mais un document distribué restitue Othon Friesz dans la mouvance fauve, sa participation réelle à l’aventure du fauvisme, même s’il n’est pas dans «la cage aux fauves » lors du fameux Salon d’automne de 1905. Le long des plinthes, trois dates et quatre noms de villes – peu visibles – indiquent les phases clés de sa période fauve. Été 1906 à Anvers : accompagné de Braque, Friesz y fait ses premiers pas vers le fauvisme. Il peint le port d’Anvers en plusieurs vues qui témoignent d’une nouvelle liberté dans la couleur, posée tantôt en aplats, tantôt en touches légères et plus fondues. Mais la véritable transition vers un fauvisme authentique à lieu pendant l’hiver 1906-1907 à Honfleur, quand il se trouve devant la nature, sur la côte de Grâce.

Ensuite, c’est l’apogée : Cassis et La Ciotat pendant l’été 1907, encore aux côtés de Braque. Toujours inspiré par la nature, cette fois-ci sous le soleil méditerranéen, sa période fauve culmine dans les vues du bec de l’Aigle à La Ciotat. Friesz peint des tableaux avec des formes schématisées, une harmonie rythmique fondée sur l’arabesque cernée d’un trait rouge-rose ou mauve-violet et une façon de dessiner proche de la calligraphie. Devant le paysage méditerranéen, ses recherches novatrices débouchent sur des œuvres qui sont parmi les plus poétiques du fauvisme. À l’automne 1907, après l’arabesque dans le dessin et l’exaltation de la couleur, ce sera la rigueur des formes et un chromatisme plus sévère sous l’influence de Cézanne.

Othon Friesz : un fauve singulier

Musée de l’Annonciade, 2, rue de l’Annonciade, place Grammont, Saint-Tropez (83), tél. 04 94 17 84 10.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°693 du 1 septembre 2016, avec le titre suivant : Othon Friesz à bon port

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