Nantes à l’italienne

Deux expositions d’art italien au Musée des beaux-arts.

NANTES - Le Musée des beaux-arts accueille jusqu’au 30 mai "Il Gusto bolognese", exposition d’abord présentée au Landes-museum de Darmstadt, et, surtout, déploie ses propres collections d’art italien dans les petites galeries jusqu’au 12 septembre. La coïncidence des deux événements, souligne Henry-Claude Cousseau, suscite en effet "des rapprochements, des comparaisons, des rencontres inattendues et surprenantes" qui donnent à ce "printemps italien" une intensité particulière. La première exposition, conçue par Sybille Ebert-Schifferer, notamment à partir des collections des musées de Bologne, de Parme et du Kunsthistorische de Vienne, est un panorama historique et démonstratif de la peinture baroque d’Emilie-Romagne. Elle fait naturellement la part belle aux initiateurs de la réforme picturale de la fin du XVIe, les frères Carrache, avec en particulier l’Autoportrait au chapeau, d’Annibal Carrache.

Longuement étudiée depuis 1989 par Béatrice Sarrazin, la collection italienne du musée est constituée, pour l’essentiel, par celle de François Cacault, qui fit toute sa carrière de diplomate en Italie au XVIIIe siècle. On ne connaît à ce personnage étrange, né à Nantes en 1743, aucune autre passion que celle de l’art. La plupart des tableaux qu’il avait amassés furent acquis en 1810 par la ville pour enrichir le musée créé neuf ans plus tôt.

Augmentée de quelques dépôts et acquisitions ultérieurs, la collection comprend aujourd’hui plus de quatre cent numéros, du XIIIe au XVIIIe siècle. Béatrice Sarrazin a sollicité une pléiade de spécialistes, au premier rang desquels Federico Zeri, pour identifier les peintres ou corriger les attributions erronnées qui prévalaient jusque-là. Une telle entreprise, quand elle est menée avec réalisme et objectivité, réserve naturellement bien des surprises, bonnes et mauvaises. Il a fallu remiser dans les réserves certains tableaux qui se sont avérés être de simples copies, ou encore replonger dans l’anonymat des œuvres qui bénéficaient d’attributions flatteuses. En contrepartie, de nombreuses réévaluations ou des découvertes importantes redonnent à l’ensemble sa juste dimension. Et les œuvres du Pérugin, de Maffeo Verona, du Tintoret, d’Annibal Carrache, du Grechetto, de Forabosco, de Gentileschi, de Giordano, de Guido Reni, ou encore de Strozzi font de cette collection l’une des plus intéressantes de ce côté-ci des Alpes.

Il Gusto bolognese (jusqu’au 30 mai) et La Collection italienne (jusqu’au 12 septembre), Musée des beaux-arts de Nantes, 10, rue Georges Clémenceau. Catalogue raisonné des peintures italiennes du musée, Edition Musée de Nantes/RMN, 424 p., 483 illustrations, 390 F.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°3 du 1 mai 1994, avec le titre suivant : Nantes à l’italienne

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