Florence

Michel-Ange au XIXe siècle, le vrai et le faux

Nouvelles attributions pour l’exposition \"Michel-Ange au XIXe siècle\" célébrant le centenaire de la Casa Buonarotti

Le Journal des Arts

Le 1 juin 1994

L’exposition Michel-Ange au XIXe siècle. Le centenaire de 1875, s’ouvrira le 7 juin à la Casa Buonarotti.

FLORENCE - À cette occasion la scénographie des salles du musée a été repensée. Les organisateurs ont tenu compte des récentes publications sur Michel-Ange, et des travaux de jeunes chercheurs, comme Giovanni Agosti et Stefano Corsi, sur l’importance donnée à cet artiste au siècle dernier.

Fausses attributions
Une soixantaine d’œuvres sont exposées qui témoignent de l’intérêt que portait alors l’Europe à l’œuvre de Michel-Ange. Cet engouement a parfois été à l’origine d’attributions erronées. Ainsi, le San Giovannino de Rosselmini Gualandi de Pise, le Cupidon de Cioli, le buste de Paul III Farnèse de Gugliolmo della Porta, ou encore la terre cuite La Mort du Comte Ugolin de Pierino da Vinci, avaient tous été attribués à Michel-Ange. La Victoire ailée avait subi le même sort avant d’être reconnue de Tribolo, et l’on a longtemps considéré La Madone Consani comme l’ébauche effectuée par Michel-Ange pour La Vierge à l’Enfant de la Sagrestia Nuova.

Une salle entière sera consacrée aux plâtres. On pourra par exemple y comparer, entre autres, le plâtre du Tondo Pitti à d’autres qui, bien que d’un style très différent, avaient été attribués à Michel-Ange.

La quatrième salle, organisée par Carolo Sisi, présentera des tableaux du XIXe siècle à sujets michelangelesques. Au centre sera exposé le Michel-Ange enfant sculptant la tête du faune de Cesare Zocchi, et le buste de Michel-Ange en jaspe blanc, que l’Opificio delle Pietre Dure a donné à cette occasion, avec son précieux support. Il semble qu’à l’époque les musées et collectionneurs allemands, et plus généralement nordiques, aient été les plus amateurs des œuvres de Michel-Ange : ainsi la collection Hannel avait restitué à la Casa Buonarroti plusieurs petites statuettes en plâtre attribuées à l’artiste.

La Fondation de la Casa Buonarroti
La Casa Buonarroti a été fondée par Cosimo Buonarroti en 1858. Les deux premières salles évoquent la grande exposition de 1875 pour le quatrième centenaire de Michel-Ange ; des dons provenant de nombreux pays sont exposés : affiches, médailles, diplômes dans des reliures et des étuis aux décorations et marqueteries précieuses, ainsi que différents projets pour la restauration de la façade de la maison, qui n’a jamais été réalisée. Ces célébrations avait ressuscité dans le monde l’image d’une Florence capitale de la culture, quelques années après qu’elle eut cessé d’être capitale politique du royaume. L’institution s’était endettée au point de devoir louer, pendant des décennies, des appartements de la Casa.

La ville entière avait fêté cette inauguration par des manifestations populaires, comme l’illumination de la statue du David de la place Michel-Ange, qui, aujourd’hui encore, attire les touristes.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°4 du 1 juin 1994, avec le titre suivant : Michel-Ange au XIXe siècle, le vrai et le faux

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